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Fleurs françaises : Audrey Venant et Mathilde Bignon – Désirée Café – lancent un collectif de fleuristes engagés, un centre de recherche horticole et une banque de semences de fleurs

Desiree Paris JAF-info Fleuriste
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Dites-le avec des fleurs cultivées en France ! Audrey Venant et Mathilde Bignon sont deux fleuristes parisiennes engagées pour un approvisionnement local et l’amélioration de la relation avec les producteurs. Elles tentent de structurer un collectif de fleuristes engagés.

Audrey Venant et Mathilde Bignon sont deux entrepreneuses engagées dans la défense de la filière horticole française. Les saisons qui défilent rythment leur vie perso et professionnelle . Dans leurs cafés-fleuristes Désirée, installés dans les 11e et 19e arrondissement de Paris, on peut commencer par déguster des pâtisseries maison et boire un café avant de repartir avec un bouquet. Mais inutile de chercher des tulipes du marché aux fleurs d’Aalsmeer en Hollande.

Sur les étagères des boutiques Désirée, en ce début d’année, une petite dizaine de variétés au total : des variétés d’anémone, du mimosa associé à quelques feuillages de vert végétal, un bouquet de renoncules disposées en nuage, quelques baies, et rien de plus. Derrière ces couleurs et ces parfums, des producteurs et des horticulteurs, tous implantés en France. Et Audrey Venant et Mathilde Bignon les connaissent presque tous.

Ces deux entrepreneuses sont d’anciennes acheteuses de Metro France, venues à la fleur parce qu’elles ne trouvaient rien à leur goût sur le marché. Avant d’ouvrir leur première boutique en novembre 2017, elles ont sillonné la France pour se rendre compte des conditions de travail et de production. « Chacun s’engage à ne pas utiliser de serre chauffée, à avoir une production raisonnée, ou mieux à bannir les produits phytosanitaires », explique Audrey Venant.

La tournée des producteurs français de fleurs

Le marché aux fleurs à Hyères constitue la première étape de leur road trip. Il fonctionne sur un système d’enchères inversées. Chaque fleur y est vendue à un prix décroissant de quelques centimes par seconde. « Nous avons rencontré un des ingénieurs de production qui nous a introduit auprès de plusieurs producteurs du Var », rapporte la commerçante.

Les choses se complexifient lorsqu’elles entreprennent d’aller rencontrer des producteurs en Ile-de-France. « La filière est beaucoup moins structurée. Il y a plus de personnes indépendantes », rapporte Mathilde Bignon. Elles enchaînent également des allers et retours dans les allées des producteurs à Rungis . « On a discuté pendant six mois avec une dizaine de producteurs. On se levait tôt, achetait des fleurs. Ça a pris plusieurs années pour tisser des relations de confiance », ajoute Audrey Venant.

Au bout d’un an, les entrepreneuses, hébergées entre 2016 et 2017 dans la couveuse de BGE PaRIF, parviennent à se structurer un réseau d’une cinquantaine de producteurs de fleurs françaises. En hiver, cette entreprise de 21 salariés se fournit essentiellement dans le sud de la France et vend une dizaine de familles de fleurs déclinées en une trentaine de variétés. Dès le mois de mai, les fleurs proviennent d’Île-de-France et de Bretagne.

Les deux commerçantes parviennent même à dégoter en saison estivale des petites pépites comme les pavots ou les célosies plumeuses. Mais la fleur française est à la mode… « Il y a de vrais enjeux de disponibilité des produits depuis la crise sanitaire car beaucoup de gens se reconvertissent. Nous effectuons un travail permanent de quête de fournisseurs et entretenons des relations étroites avec eux pour réfléchir aux nouvelles variétés, aux tendances, aux couleurs qui fonctionnent », rapporte Mathilde Bignon.

Un collectif de fleuristes engagés

La logistique est un autre challenge. Pour les fleuristes, l’un des obstacles reste l’approvisionnement. « Le marché intermédiaire du Var ne passe que par des grossistes, qui se chargent de monter les fleurs à Rungis, et de les vendre à d’autres grossistes. Il n’y a aujourd’hui pas de possibilité de contourner ces trois intermédiaires et de court-circuiter le marché au risque de se retrouver sans produits », explique Audrey Venant.

L’enjeu à venir sera de proposer une offre de qualité, diverse avec un réseau logistique qui tient la route. « Nous souhaiterions avoir en 2023 des structures qui ramassent les fleurs dans les exploitations, ce qui limiterait les intermédiaires et éviterait aux producteurs de se déplacer la nuit à Rungis », ajoute la commerçante. Mais pour cela, il leur faudra de la puissance d’achat. Les débuts sont prometteurs. En 2021, les boutiques ont dépassé le million d’euros de chiffre d’affaires.

Audrey Venant et Mathilde Bignon mènent en parallèle deux projets pour faire évoluer les pratiques de consommation et valoriser la fleur locale. Le premier repose sur le lancement d’un collectif de fleuristes engagés pour échanger sur les bonnes pratiques, partager les clés pour se digitaliser. Le second sur la création d’un centre de recherche horticole et d’une banque de semences pour préserver des variétés de fleurs amenées à disparaître. « On se lance avec une productrice, Masami Lavault implantée à Paris dans la production de variétés qui s’adaptent aux changements climatiques », se réjouit Mathilde Bignon qui, avec son associée, veut penser autrement l’exercice de son métier.

La rédaction de JAF-info

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