Reconversion : Ouvrir une boutique de pâtisserie avec un corner de fleurs… en Scandinavie ! Une bonne idée ?

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Reconversion : Ouvrir une boutique de pâtisserie avec un corner de fleurs… en Scandinavie ! Une bonne idée ?

Fleuriste générique JAF-info F2

La rédaction de JAF-info

A chaque époque ses métiers qui font rêver. Il n’est pas obligatoire de se les interdire, à condition de bien faire le distinguo entre la réalité d’une nouvelle vie et le mirage à la mode.


«Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie.» La maxime de Confucius respire la sagesse. Mais elle reflète aussi une vision quelque peu fantasmée du monde du travail… Quel métier, même passionnant, ne comporte-t-il pas son lot de contraintes et ses facettes moins glamour ? Ce que l’on aime faire permet-il de gagner suffisamment pour vivre ? Ces questions, les candidats à la reconversion n’ont pas toujours envie de se les poser. Las de leur job actuel, à la recherche d’un accomplissement personnel, ils se bercent parfois d’illusions quant à la réalité quotidienne de leur future profession. Pourtant, l’imaginaire collectif des métiers passions, ceux qui attirent immanquablement les candidats au changement de vie, se renouvelle à chaque génération. «Dans les années 1970, élever des chèvres dans le Larzac répondait déjà à une quête de sens», souligne Sylvaine Pascual, fondatrice d’Ithaque Coaching et spécialiste de la reconversion.

Au tournant du siècle dernier, un autre projet devient l’archétype du changement de vie : la chambre d’hôte, pour vivre au vert, en toute autonomie, un métier d’accueil et de relations humaines. L’engouement est tel que, au début des années 2000, on qualifie de «syndrome de la chambre d’hôtes» la tendance des cadres à tout quitter pour créer leur hébergement touristique. En 1988, on comptait 4.500 gîtes en France. Ils étaient 30.000 en 2008. Et 60.000 dix ans plus tard ! Un nombre désormais stable, selon les statistiques du ministère du Tourisme. Mais synonyme, pour certains, de grosse déception : avec un taux d’occupation de 30% et un rendement net de 9.000 euros par an en moyenne, créer une chambre d’hôtes en Corrèze est loin de représenter un projet de vie économiquement viable. Sans parler des à-côtés.

Dans l’enthousiasme d’une reconversion-passion, on en oublie la nécessité d’élaborer une stratégie commerciale, de surveiller ses dépenses, de ne pas compter ses heures ou de travailler dans des conditions parfois moins confortables qu’en open space dans une tour de la Défense. «Souvent, c’est l’aspect économique qui pose problème, constate Elodie Chevallier, consultante et chercheuse, spécialiste des transitions professionnelles. Entre son coût et la fréquente baisse de revenus qu’elle implique, la reconversion s’avère difficile. Autant d’éléments que l’on a parfois tendance à mettre de côté au moment de se lancer.» Si l’heure n’est plus tellement à la création de chambres d’hôtes, d’autres projets ont pris le relais dans le cœur des aspirants au changement.

Malaise dans le bien-être

Les métiers du bien-être, par exemple, sont plébiscités auprès des coachs en reconversion. Ils séduisent ceux qui souhaitent se consacrer aux autres et sont en quête d’un mode de vie plus zen. Leur modèle emblématique : le professeur de yoga, dont les réseaux sociaux mettent en scène la vie emplie de mantras positifs et de positions acrobatiques sur fond de paysage idyllique. Mais aussi le sophrologue, le naturopathe, l’enseignant de gym douce, comme le Pilates, ou de méditation de pleine conscience. Premier écueil : pour apprendre ces métiers, non réglementés, il faut d’abord s’y retrouver parmi la jungle des formations proposées, loin d’être toujours sérieuses. «Certaines écoles proposent d’obtenir le titre de sophrologue en trois mois seulement, à grand renfort de publicité. Mais avec un simple titre, on ne va pas très loin», avertit Veronica Brown, formatrice et auteure du livre Devenir sophrologue (Eyrolles, 2018).

Il faut également se constituer une clientèle et, pour cela, effectuer un gros travail de prospection commerciale, avec lequel tous ne se sentent pas à l’aise. «Il faut être chef d’entreprise avant d’être naturopathe, sinon l’argent ne rentre pas. Or beaucoup de candidats n’osent pas faire de communication, trop “business” selon eux. Aujourd’hui, très peu de naturopathes vivent uniquement de cette activité», prévient Chris Martin-Passalacqua, praticienne et responsable de communication du Syndicat des professionnels de la naturopathie, qui reçoit chaque jour nombre d’e-mails de personnes souhaitant se reconvertir. Mêmes difficultés du côté des yogis. «Mais la demande existe, tempère Emilie Leduc, qui a quitté son job dans le web marketing il y a quatre ans pour se consacrer à l’enseignement du yoga.

Avec le statut d’auto-entrepreneur, en donnant une dizaine de cours par semaine, on peut s’en sortir avec 1.600 euros de revenu par mois, Ce n’est pas délirant, mais pas impossible. Mais il faut avoir conscience que cela reste précaire.» Enfin, même si la gratitude des clients et élèves est bien là, les reconvertis expérimentent parfois un décalage entre les valeurs d’aide et de bienveillance, supposées animer les milieux du bien-être, et la réalité. «C’est ma principale désillusion. Le monde du yoga, ce n’est pas celui des Bisounours. On n’y a pas affaire uniquement à des personnes honnêtes et gentilles», poursuit Emilie Leduc qui ne regrette pas son changement de vie pour autant.

Des néo-cuisiniers refroidis

Autre secteur en pleine ébullition, celui de la restauration. «On appelle ça l’effet Top Chef. La multiplication des émissions de télévision a renforcé l’intérêt pour les métiers de bouche», explique Sylvaine Pascual. Mais la vie de cuistot n’est pas de tout repos. Après deux ans en cuisine dans plusieurs restaurants d’Amsterdam, Claire Gheerbrant, ex-chargée de projet dans une communauté de communes francilienne, a rendu le tablier. Les horaires difficilement conciliables avec une vie de famille, l’impression de se donner à fond pour un salaire peu nourrissant, la frustration de ne pas participer aux prises de décision ont fini par prendre le pas sur l’amour des petits plats, l’adrénaline du «coup de feu» et le bon esprit au sein de l’équipe. «Il y avait aussi une question de statut social. Mes collègues étaient toujours surpris quand je leur disais que j’avais fait de longues études avant de me retrouver comme eux, en cuisine», se souvient Claire, qui a choisi désormais de mettre ses compétences en gestion de projet au service d’une ONG.

Même pour ceux qui s’installent à leur compte, la satisfaction n’est pas toujours au rendez-vous. «Souvent les reconvertis se lancent en croyant que, du moment qu’ils partagent quelque chose qu’ils aiment, les gens seront émerveillés. Sauf qu’il y a toujours des clients mécontents et que ce sont ceux qui se font le plus entendre», met en garde Sylvaine Pascual. Parmi les concepts de restauration plébiscités par les candidats au changement, celui du food truck, introduit en France en 2011, continue de séduire. «Ce qui attire, c’est la possibilité de se lancer à son compte avec un investissement limité. Il faut compter entre 30.000 et 60.000 euros pour un camion équipé», explique Cécile Kosman, cofondatrice de Monpetitbusiness.com et Sunny Side, qui forment notamment de futurs foodtruckers. Mais le concept semble avoir fait long feu…

D’un côté, les autorisations de s’installer sur l’espace public sont difficiles à obtenir. Et surtout, le food truck «n’est pas rentable», assène Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira Conseil et spécialiste de la restauration : «Beaucoup de food truck ont plongé parce qu’ils ne sortaient qu’en semaine entre midi et deux et généraient trop peu de chiffre d’affaires.» Cécile Kosman confirme : «On ne peut pas se reconvertir en pensant travailler trente-cinq heures par semaine. Pour dégager un profit, il faut effectuer des prestations le soir et le week-end.” S’agissant des menus aussi, les contraintes sont fortes. «Difficile de s’éloigner du burger frites», prévient la formatrice. De quoi décevoir les véganes et les adeptes des régimes sans gluten.

L’essor fragile de la porcelaine

Le même risque de désillusion guette les candidats aux métiers de l’artisanat, toujours plus nombreux à vouloir travailler de leurs mains dans leur atelier d’art. Selon l’Insee, un tiers des créations d’entreprises artisanales sont le fait de nouveaux entrants dans le secteur. Comme l’explique Jean-Laurent Cassely, dans son livre La Révolte des premiers de la classe (Arkhê, 2017), les jeunes urbains surdiplômés qui quittent leur entreprise pour devenir fromager ou brasseur de bière s’en sortent plutôt bien en mettant à profit leur réseau et leurs compétences, notamment en matière de communication et de gestion. Il n’en va pas toujours de même pour les salariés moins diplômés qui délaissent open spaces et tableaux Excel pour se lancer dans l’artisanat d’art.

Les écoles de céramique, par exemple, sont pleines. Pourtant, selon une récente étude de l’Institut supérieur des métiers, le revenu moyen des fabricants d’articles en céramique est de 10.250 euros par an. Toute la difficulté consiste à vendre des produits décoratifs qui ne sont pas de première nécessité. Le néo-artisan doit pour cela déployer des trésors de créativité : «Il faut s’adapter au marché, respecter les tendances, connaître les goûts du public. Or, souvent, les personnes en reconversion ont d’abord envie de se faire plaisir. Si l’on ne fait que ce qu’on veut faire, on risque de ne pas aller très loin», rappelle Mauricette Vissac, directrice du Centre international de formation aux métiers d’arts et de la céramique. Obtenir la reconnaissance des pairs, du public et des prescripteurs prend du temps et n’est pas donné à tous. Françoise Chaumeil, directrice de l’Institut de céramique française, dont la formation pour devenir émailleur d’art attire beaucoup de reconvertis, le constate : «Ils sont toujours désappointés quand ce qu’ils créent dans le style qu’ils aiment ne plaît pas.» Certains échouent à s’installer durablement et retournent à leur métier initial.

Savoir à quoi s’attendre

Cela ne signifie pas forcément que les professions en vogue sont des pistes à éliminer d’emblée. Mais il faut s’y préparer avec encore plus d’attention. «Il n’y a pas de mauvaises idées de reconversion en soi, tout est dans la préparation et dans l’anticipation», assure Nathalie Meunier, consultante en développement professionnel à l’Apec. «Il faut a minima mener une enquête métier approfondie, voire se tester en conditions réelles, afin de connaître l’envers du décor de la profession envisagée», préconise ainsi Marina Bourgeois, du cabinet Oser rêver sa carrière. Il est par exemple très facile de se faire embaucher dans la restauration pour se confronter au quotidien des cuisines. Dans l’agriculture, une cinquantaine d’espaces-tests permettent à ceux qui manquent de racines dans le terroir d’éprouver leur projet d’installation. A l’issue de l’expérimentation, environ deux tiers des participants concrétisent leur projet d’installation. Les autres abandonnent ou se réorientent, faute d’avoir pu trouver des terres ou refroidis par la pénibilité du métier ou son impact sur leur vie familiale.

Au-delà du travail préalable nécessaire pour éviter les désillusions, la clé de la réussite réside aussi dans le fait de relativiser ses attentes, une fois lancé. «Beaucoup de reconvertis culpabilisent parce qu’ils ne se lèvent pas tous les matins avec une superpatate. Mais il y a des aspects positifs et négatifs dans tous les métiers, philosophe Marion de La Forest Divonne, coach et auteur de Réinventer sa vie professionnelle… quand on vient de la commencer (Eyrolles, 2017). Quand on aime 70% de ce que l’on fait, c’est déjà hyperbien !»

Le nerf de la guerre

Aller au bout de son projet de reconversion n’est pas seulement une affaire de lucidité, de détermination ou d’amour du travail bien fait. «Ce sont plutôt les ressources économiques, scolaires et le réseau dont on dispose qui font la différence», constate Sophie Denave, sociologue et auteur de Reconstruire sa vie professionnelle (PUF, 2015). Fanny et Maxime Crochet en ont fait l’expérience. Salariés d’une société d’assistance, tous deux ont envie d’ailleurs. Fanny se forme au métier de fleuriste, Maxime passe son CAP de pâtissier. Leur rêve ? Ouvrir une boutique de pâtisserie avec un corner de fleurs… en Scandinavie ! Très vite, le couple doit changer de plans : lancer une activité à l’étranger s’avère compliqué et, même en France, ils n’ont pas les moyens d’acheter un commerce. «Nous avons deux jeunes enfants et pas vraiment d’argent de côté», explique la jeune femme.

L’an dernier, ils créent chacun leur auto-entreprise et proposent leurs prestations dans l’événementiel. Les premiers contrats s’enchaînent, les retours sont positifs. Mais la rentabilité n’est pas atteinte. Il faudrait augmenter les dépenses de communication pour passer à la vitesse supérieure. Trop risqué pour le couple qui préfère renoncer à faire de cette activité son gagne-pain principal. Lui a conservé son poste dans l’assurance, elle va chercher un autre travail en septembre. «On gardera la pâtisserie et les fleurs à côté, assure Fanny. Finalement, ce qu’on a le plus apprécié, c’était de partager nos créations avec les gens qu’on aime.»

La rédaction de JAF-info

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Sources :

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