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Brand Wagenaar – Salon du Végétal Rdv digital – Tour d’horizon sur la situation à l’international
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Brand Wagenaar – Salon du Végétal Rdv digital – Tour d’horizon sur la situation à l’international

BRAND WAGENAAR - SA VISION DES PERSPECTIVES 2014 ! | www.Jardinerie-Animalerie-Fleuriste.fr image 2

Jamais par le passé, les tendances qui ont fait évoluer les filières horticoles dans le monde, n’ont été chamboulées avec une telle brutalité.

Pour les acteurs de cette pandémie inédite, après la sidération et l’effondrement, la reprise en main et la résilience ont été à la mesure de la violence du choc. De nouvelles solutions émergent, des alliances se concrétisent, les tendances de consommation déjouent tous les pronostics, et le végétal cultivé sort indéniablement grandi de cette épreuve.

Quels enseignements tirer de cette crise ?

Rien n’est jamais acquis, aucune position n’est immuable dans le temps. Le risque a toujours fait partie de l’entreprise, mais là, il a vraiment fallu passer la vitesse supérieure en termes de flexibilité et les conséquences collatérales n’ont pas fini de nous étonner. Le rapport menaces/opportunité n’est pas que négatif.

Notre capacité de mobilisation et de rebond dans l’adversité est à souligner. Une fois passé la courte période de sidération et d’abattement, les responsables d’entreprises horticoles de production et de distribution et les responsables de nos structures d’accompagnement (Val’hor) se sont mobilisés et ont réagis avec rapidité et efficacité. Dès la mi-avril les points de ventes des enseignes de jardineries ont pu de nouveau ouvrir au public, des aides ont pu être débloquées rapidement, la chaîne s’est remise à tourner. L’esprit de concertation s’est développé entre les différentes filières horticoles Européennes, et cet esprit restera comme un élément positif de cette crise.

Prise de conscience de l’indispensable nécessité végétale. Cette crise a agi comme un révélateur de tendances sous-jacentes :

  • Internet comme principal vecteur de communication, pour garder et renforcer les liens entre fournisseurs et clients, boutiques en ligne, réseaux sociaux,
  • la concrétisation des préoccupations environnementales et des potentialité locales,
  • L’importance des questions de logistique et de digitalisation de l’offre, pour accéder aux marchés il faut pouvoir digitaliser son offre et l’accompagner de garantie (passeport phyto virtuel, certification environnementale et sociale)

mais elle a aussi déclenché beaucoup de nouveaux changements et des modifications d’habitudes pré-existantes :

Le confinement a fait prendre conscience à la majorité d’entre nous du besoin végétal, pour humaniser notre espace de vie et de télétravail, pour faire entrer la nature dans la maison, pour calmer notre stress et notre angoisse. Les plantes d’intérieur ont doublé leur chiffre d’affaires sur le mois d’avril, les plantes potagères et plantes de balcon terrasse et jardins ont rattrapé en avril/mai/juin le chiffre d’affaire perdu en mars ; et la fête a continué en juillet et en août en raison de la diminution des déplacements de vacances.

Les conséquences de la crises sont variables selon les segments de marché et selon les régions du monde. Indéniablement, le segment des fleurs coupées a le plus souffert de la pandémie, des tonnes de fleurs ont été jetées sur les marchés aux enchères en Hollande, au déchargement des avions en provenance d’Afrique de l’Est et d’Amérique centrale les fleurs partaient directement à la benne, et les commandes étaient brutalement annulées provoquant la destructions des fleurs fraîchement récoltées sur les lieux de production. Les compagnies aériennes n’ayant plus ce fret l’on remplacé par le transport de masques en provenance d’Asie. Cette rupture brutale d’approvisionnement sera la plus dure à résorber, car bon nombre de clients en Europe se posent des questions en se tournant à nouveau vers la production locale (Quand elle existe encore…).

Le segment des plantes à massif de printemps pour les balcons, terrasses et jardins a connu pendant trois semaine un arrêt total des ventes qui a provoqué de lourdes pertes et qui a désorganisé les productions pendant plus d’un mois et demi, mais heureusement, les ventes de mai, juin et même juillet sont reparties très fort. La demande soutenue, avec de nouveaux consommateurs, et le peu de disponible à la vente ont rapidement fait monter les prix comblant même parfois le retard accumulé.

Le segment des végétaux de pépinière et plantes vivaces est moins touché, la capacité des pépiniéristes à retarder une culture, à la passer en plus gros litrage, à stocker sans trop de dégâts, a permis à ces entreprises de mieux résister. Cependant ce qui n’était pas vendu occupait la place au détriment des jeunes plantations, et c’est maintenant qu’il y a moins de disponibles. De ce fait les prix sont restés soutenus.

Selon les régions de production mondiales, les conséquences sont très variables. Certains pays comme la Hollande, l’Allemagne, la France, le Danemark, la Grèce ont soutenus leurs filières par des aides spécifiques, grâce à l’action concertée des organismes d’accompagnement comme Val’Hor en France. D’autres pays n’ont eu que les aides à l’emploi du régime général comme soutien. D’autres pays producteurs, n’ont bénéficié d’aucunes aides. Ce sont principalement les pays producteurs de fleurs coupées qui ont souffert, mais aussi les pays ou sont externalisé les productions de jeunes plants et boutures destinés aux producteurs Européens en Amérique centrale et en Afrique.

Pour les producteurs d’Equateur, de Colombie, du Guatémala, mais aussi pour les pays d’Afrique de l’Est, Ethiopie, Kenya, c’était la double peine : pas d’aide financière, plus de logistique aérienne. Beaucoup de fleurs transitaient par les vols de passagers et ceux-ci ont considérablement diminué. Les avions cargo de fret se sont tous tourné vers le transport de matériel de sécurité sanitaire. Ces productions de fleurs avaient déjà des réputations environnementales et sociales un peu sulfureuses, elles auront beaucoup de mal à revenir à la situation pré-covid. Un boulevard dégagé pour la production naturelle et locale, mais là encore, sans actions de communication fortes pour accompagner la tendance, il serait illusoire de croire qu’elle va se maintenir toute seul.

Quelles orientations, quelles actions mettre en place à l’avenir ?

Plus forts ensemble. Ce qui ressort aussi très clairement de cette période, c’est la force de la coopération et du travail en commun. Dans tous les pays concernés par la production ou la consommation horticole, les entreprises adhérentes aux coopératives, groupements de producteurs, organisations solidaire de vente ont mieux tiré leur épingle du jeu que les entreprises isolées et indépendantes. A quelques rares exceptions d’entreprises non adhérentes dotées de réserves financières importantes.

Pour que le soufflé ne retombe pas, il va falloir une promotion générique mutualisée et concertée, principalement avec les autres pays de l’UE. Mutualisée et concertée, signifie qu’il va falloir renforcer les contacts entre les différentes organisations horticoles Européennes, participer aux débats et aux décisions, accepter de participer au financement, et relayer avec cohésion depuis l’obtenteur jusqu’au point de vente au détail les messages par tous les moyens médias disponibles. Comme pour les gestes barrière, mais autour de la nécessité végétale.

La Cité verte ou « Green city » montre déjà l’exemple avec une communication qui a commencé il y a quelques années et qui se diffuse maintenant à travers toutes les professions, devenant un passage incontournable de tous projets immobiliers.

A contrario, le Brexit nous montre ce qui n’est pas souhaitable. Le Royaume Uni a beaucoup à perdre en sortant de l’Europe sur le plan horticole.

3 Comment développer / fidéliser les nouveaux consommateurs, nouveaux marchés nouvellement captés lors de la crise sanitaire ?

Les espoirs déçu sont les principaux risques de ne pas pouvoir capitaliser sur l’engouement de tous ces nouveaux adeptes du végétal. Il faut donc impérativement les accompagner via tous les écrans qu’ils consultent quotidiennement pour ne pas les perdre définitivement. Il faut leur réapprendre les saisons, la nature, et le comportement avec les plantes, toutes les possibilités offerte par l’utilisation des végétaux.

Les messages doivent être simple, facilement compréhensibles, répétés et bien accompagnés sur les lieux de vente. C’était déjà bien le cas avant, mais depuis le début de la crise corona, le consommateurs ne prends plus de décisions sans consulter son écran. Il faut donc y être et y être efficace.

La logistique doit être vertueuse, performante et fiable. Les seuls produits locaux ne suffiront pas à faire la largeur de gamme attendue. Il faudra donc mixer les produits locaux bien identifiés, qui ont la faveur du public, avec des produits venus d’ailleurs. Les contraintes croissantes de transparence de l’empreinte carbone des produits et de l’approche logistique va obliger les sources concurrentes à se concerter pour une amélioration significative de la supply-chaîne et ces contraintes vont aussi obliger les acteurs à afficher les provenances. Dans le domaine logistique aussi, la solution passe par une concertation et mutualisation des différentes provenances.

Les échanges de point de vue et la concertation entre les acteurs est indispensables. Pour des raisons évidente de sécurité sanitaire, tous les salons professionnels horticoles en Europe ont été ajourné dans leur version B2B physique. Toutes les organisations sont en train de mettre en place des salons virtuels. Il est essentiel de participer.

Conclusion :

La crise corona a redistribué les cartes, les jeux ne sont pas encore faits, les potentialités sont fortes, mais éphémères, si l’on retombe dans les anciennes habitudes, la remontée sera vraiment aléatoire.

Une filière ne peut s’en sortir que si elle fait de réels efforts de communication, de compréhension et de concertation entre ses maillons.

Une filière attractive trouvera toujours des jeunes et des investisseurs pour la rejoindre.
Ils ne seront certainement pas attiré par une famille qui se dispute, mais par une famille qui se respecte. C’est là qu’ils auront envie de placer leur avenir.

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[Vidéo] Salon du Végétal – Rdv digital – Plateau TV – Etat des lieux de la filière

Wijbrand WAGENAAR

Wijbrand WAGENAAR

Analyste expert des filières horticoles - Analyst in ornamental horticulture Spécialité recherche tendances production, mise en marché et évolution consommation pour les métiers de l’obtention, de la production, du négoce et de la distribution des secteurs de l’horticulture ornementale Specialization : Research on trends and évolution of consumption of the production, negotiation and distribution in the ornamental horticulture sector Expert des Pays-Bas Curieux de comprendre les évolutions du monde qui nous entourent et plus particulièrement l’évolution économique probable et ses conséquences sur la consommation en France. Je suis plus précisément intéressé par tout ce qui touche les filières de l'horticulture ornementale en Europe, et je travaille en réflexion prospective pour pouvoir assister les acteurs de l'obtention, de la production et de la distribution dans ces filières.
Origine : Editorial – Billet d’humeur (Original)
Signature : Brand Wagenaar – Analyste Expert des filières horticoles
Crédit photo : Photo Générique ou logo société

Durée de la publication :

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Photo :

Le téléchargement de(s) photo(s) de Luc NAROLLES est librement autorisé par l’auteur sous réserve qu’il soit fait mention du crédit suivant : Luc NAROLLES – Surligneur de Talents – JAF-info | Jardinerie Animalerie Fleuriste – Média-Talents et l’indication de l’url source entièrement visible.

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