Nolwenn Pittet, 22 ans est fleuriste et a ouvert sa propre boutique.

Elle représentera la France dans la catégorie des métiers de l’art floral, lors de la WorldSkills* Competition 2017 à Abu Dhabi en octobre prochain. Le 29 août, l’équipe de France des métiers sera officiellement présentée au ministère du Travail.

“Certains enfants rêvent de devenir pompiers ou vétérinaires, pour moi, c’était fleuriste ! Ma tante aidait la responsable d’un kiosque à fleurs et j’adorais lui rendre visite pour découvrir toutes ces fleurs et leurs particularités. C’est en 3ème que j’ai réellement décidé d’en faire mon métier. J’ai effectué un CAP fleuriste en deux ans puis un brevet professionnel (qui permet de gérer un magasin) pendant deux ans également.

C’est pendant mon CAP que j’ai rencontré ma future associée. Après avoir fait quatre années d’études ensemble et parcouru l’Europe, nous avons décidé il y a deux ans de nous lancer dans l’aventure entrepreneuriale en ouvrant notre propre boutique. J’avais alors seulement 20 ans.

Complémentaires

Nous avons la même passion pour notre métier et pour les fleurs mais nous sommes toutes les deux opposées : elle préfère la vente alors que de mon côté j’affectionne plutôt la création et la confection des compositions ; elle n’aime pas les concours ni la compétition alors que je ne pourrais pas vivre sans. Différentes mais plutôt complémentaires finalement.

Avec nos petites économies personnelles et l’aide de nos parents respectifs, nous avons pu ouvrir notre boutique : “L’usine à pétales”. On avait bien étudié la question : nous avions réalisé une étude de marché et un plan prévisionnel avec la Chambre des métiers et de l’artisanat à Paris. Avec ça, nous avons réussi à convaincre notre banque de nous accorder un prêt. C’était difficile d’être prises au sérieux du fait de notre jeune âge, mais on y est arrivé !

Les professionnels que nous avons rencontrés ont rapidement compris que nous savions de quoi nous parlions. Nous connaissions notre métier et avions conscience de ses difficultés, mais nous savions que notre projet était solide. Il fallait simplement nous affirmer et le prouver.

Une journée type

C’est un métier très prenant. Par exemple, tous les mardis, je me lève à 3h30 direction Rungis. J’arrive au marché international vers 4h30, où j’achète des fleurs coupées et des plantes en pot, puis je retourne à la boutique pour sortir les plantes extérieures. Nous ouvrons les portes à 9h30 et l’arrivage des fleurs se termine vers 13h. L’après-midi, nous préparons les commandes et la production pour la boutique. En fin de journée nous préparons la journée qui suit et “L’usine à pétales” ferme ses portes à 20h.

La boutique est une expérience incroyable et un réel tremplin pour ma carrière professionnelle. Cependant je ne compte pas en rester là. Mon rêve serait de pouvoir travailler à l’étranger ou pour de grands noms du milieu comme Gilles Pothier ou de grands hôtels parisiens ! D’ici 10 ou 20 ans, j’aimerais beaucoup passer le concours de Meilleur ouvrier de France.”

*Les WorldSkills sont des compétitions nationales et internationales destinées aux jeunes de moins de 23 ans qui mesurent leurs compétences dans plus de 50 métiers. 39 champions nationaux qui constituent l’Équipe de France des Métiers s’envoleront à Abu Dhabi en octobre prochain pour représenter notre pays. Du 28 août au 3 septembre, l’équipe de France des métiers s’entraîne avec une préparation physique et mentale à Châtenay-Malabry en région parisienne.