Un résumé dans un magazine TV et la bande-annonce de Capital, programmé dimanche soir sur M6, a mis le feu aux poudres chez les fleuristes. Les quatre artisans de Morteau réagissent.

C’est une véritable lame de fond qui a déferlé sur les réseaux sociaux. La cible ? M6, plus précisément l’émission Capital. Les frondeurs ? Les fleuristes de la France entière, montés au créneau pour défendre leur profession. « Dans l’émission qui doit passer dimanche soir, il y a un sujet sur la Saint-Valentin et les fleuristes », explique Prune Dumont, de chez “Atout Fleurs”, « On nous compare à ce qui se fait en grandes surfaces, laissant entendre qu’on arnaque les gens. C’est une honte ! C’est incroyable qu’une chaîne se permette d’insulter une profession à une heure de grande écoute. »

Ce qui a rajouté à la colère, c’est le mouvement de censure dont une partie des fleuristes assure avoir été victime. « Les commentaires laissés sur Facebook ont été supprimés, même les moins virulents », poursuit la jeune femme, « mais le pire, c’est que j’ai reçu un message me disant que mon compte Facebook avait été piraté. En discutant avec les gens de mon groupe sur Internet, c’était le cas de la plupart de ceux qui avaient laissé un commentaire à M6 ou à Capital. On voudrait comprendre ce qu’il s’est passé… »

« Vouloir nous faire passer pour des nantis, là, c’est fort »

« Franchement, ça me saoule », assène Séverine Taillard, sa collègue de “Pom’Cannelle”, « laisser croire qu’on s’en met plein les poches… Ils ont voulu se faire plaisir en allumant les fleuristes, c’est n’importe quoi ! » Le mouvement de grogne est tel que la Fédération française des artisans fleuristes a actionné plusieurs leviers (ministères, chambre des métiers…), obligeant la chaîne à sortir de sa réserve. Sur son site Internet, la FFAF a tenu à rassurer ses adhérents : « Selon leurs dires (le producteur de l’émission et la journaliste qui a réalisé le reportage, ndlr), le contenu ne sera pas diffamatoire envers notre profession. Nous nous devons d’attendre la diffusion pour envisager d’éventuelles suites. »

« Je suis plus écœuré qu’autre chose », souffle Cyril Varrault, patron de “Des sens aux fleurs”, « vouloir nous faire passer pour des nantis, là, c’est fort. L’artisan-fleuriste, il est dans la survie, pas l’opulence. Le prix des roses vendues en supermarchés, ce n’est même pas le prix auquel, nous, on les achète ! Mais, soyons honnête, je n’ai pas vu l’émission… J’attends de voir mais je crains le pire ». Marion Personeni, qui tient la boutique “Florilège”, ne dit pas autre chose : « Il y plein d’infos contradictoires qui ont circulé. Je prendrai position après l’émission. Ne prenons pas les armes avant qu’il y ait la guerre ! »

Je prendrai position après l’émission. Ne prenons pas les armes avant qu’il y ait la guerre !

Marion Personeni de la boutique “Florilège”