« Il se plaît à Saint-Malo ! », lance un des membres de l’équipage en anglais. Les yachts de l’émir de Dubaï, Mohammed Al Maktoum, Premier ministre des Émirats Arabes Unis, et de son fils, Hamdane Al Maktoum, n’ont pas bougé du port de Saint-Malo. Les bateaux, de 90 m et 77 m, ne passent pas inaperçus dans le port malouin.

Leur départ était initialement prévu pour ce week-end. Ils avaient réservé le port de Granville à partir de ce lundi 25 août. L’installation de ces deux impressionnants yachts n’est pas sans causer quelques soucis d’organisation dans le port normand, mais reste envisageable. « S’installer dans le port de Granville, c’est possible. Si le boss décide de partir, il faut compter huit heures de navigation »souligne un membre de l’équipage, qui en compte une quarantaine.

Des clients comme les autres

Et le « boss », pour l’instant, a préféré partir en jet privé depuis l’aéroport de Dinard, dimanche, pour rejoindre le Royaume-Uni. Ce qui ne l’empêche pas d’être attendu à Sartilly, dans la Manche, avec son fils, pour l’épreuve d’endurance des Jeux équestres mondiaux qui a lieu demain. Des membres de sa famille sont aussi attendus à Caen pour l’inauguration d’une exposition, ce mercredi soir.

Son passage à Saint-Malo a été particulièrement remarqué par Aude et Éric Baudet, fleuristes intra-muros. « La première commande, ils sont passés la faire le samedi 16 août quand ils sont arrivés. Ils, ce sont les membres d’équipage. Nous, on devait être d’équerre pour 16 h. Ce sont des gens foncièrement sympas », raconte Aude Baudet. Ce jour-là, elle a dû rester à quai où elle a présenté les fleurs, sur deux belles tables.

Pas question pour Aude Baudet de « marger plus. Ce sont des clients comme les autres ». Pas question non plus d’en dire davantage sur le montant : « Par respect pour eux, je ne voudrais pas que l’info se mette à circuler sur le net. »

Un petit tour à bord

Les Dubaïotes ont dû être satisfaits du travail fourni puisqu’ils sont revenus mercredi dernier pour préparer une réception, le samedi. « Là, il fallait des centres de table. Ils nous ont montré ce qu’ils voulaient : du jaune, du noir, du crème… » Éric Baudet a dû faire l’aller-retour à Rennes : « Le jaune, ce n’est pas une couleur que nous faisons beaucoup dans la boutique ! »

Ce jour-là, elle a pu monter à bord : « Je me suis retrouvée dans la pièce de réception, dans la pénombre, avec un agent de sécurité derrière moi. Mais ils ne m’ont pas fouillée ! » Elle est repartie comme elle était venue. « Ils m’ont dit : à bientôt ou peut-être pas. »

Les membres d’équipages ne sont pas en mesure de connaître la suite du programme. Pourquoi l’émir s’embêterait-il à bouger son bateau de Saint-Malo ? À Sartilly, un village luxueux, réservé aux délégations arabes, est en train de prendre forme, à l’abri des regards, sur le terrain de foot. Des décorateurs parisiens ont été dépêchés sur place. Quatre immenses chapiteaux ont pris place avec salons, chambres avec parquet et salles de bain !