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Roland MOTTE
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Roland Motte – Engagez-vous, qui disaient !

Chamboule-tout

Manger autrement ! C’est l’une des tendances qui émergent à la suite de cette crise sanitaire sans précédent dans ce siècle. Avec le confinement, nous avons commencé par retrouver le chemin de la cuisine… Rappelez-vous les partages en mars sur Instagram ou ailleurs, il s’agissait de son pain fait maison, sa pizza faite maison, son sandwich fait maison… Il était donc possible de se faire soi-même à manger… Une découverte.

Mais nous ne nous sommes pas arrêtés là. Par la suite et encore aujourd’hui, nous allons plus loin dans la conception de petits plats et certains sont devenus des cadors en la matière. Nous nous équipons comme les chefs, nous parlons le langage des chefs… Bref, dans la cuisine, nous devenons des chefs avec la tête dans les étoiles !

Impossible de contrôler son quotidien avec ces couvre-feux successifs, impossible de contrôler ce foutu virus, difficile de prévoir le calendrier des vacances ou des sorties…

Et comme nous aimons contrôler notre vie, on peut au moins contrôler le contenu de l’assiette avec des produits de qualité, avec des assemblages qui ont du goût et avec des dépenses alimentaires maitrisées.

Tout cela donne une envie folle de se mettre aux fourneaux !

Valeur refuge

On le sentait arriver depuis quelques années avec le succès à la télé des émissions de cuisine. La crise Covid n’a fait qu’accélérer le processus. Le contrôle et la gestion de notre alimentation a pris aussi une tournure sociale.

La santé d’abord. Nous avions cru que le travail était la santé, et durant des années, nous avons privilégié le travail en négligeant les repas et le casse-croute. Dans une vie, combien avons-nous mangé de sandwichs SNCF sans saveur et pris sur le pouce pour privilégier… le temps de travail ?

Le local aussi ! Nous avons pris conscience que les agriculteurs et les maraichers étaient nos voisins, nos amis, un copain des copains. Ils se défoncent pour nous apporter des fruits et des légumes, des céréales, et nous, nous irions chercher des aliments en Asie ou au Brésil ?

Incohérent tout cela, alors… Place au local ! Le local, c’est le plus près possible de mon assiette, à commencer par les produits du terroir. Et si vous cherchez encore plus près, la solution est dans votre jardin.

Et du bio !

Non seulement, nous voulons du local de chez local, mais en plus, nous sommes devenus exigeants quant à la qualité du produit. Si vous aviez un doute sur le bio, ce n’est pas une tendance de passage, c’est une lame de fond. Le consommateur se fout des méthodes de culture, il veut juste manger au quotidien des produits sans pesticides ou sans additifs suspects. Le manger « vite fait bien fait » est devenu le manger « sain et local ».

En lisant les résultats du baromètre Havas Paris Shopper (mai 2020), on prend conscience de l’étendue de cette mouvance.

92% des consommateurs pensent être prêts à acheter plus de produits locaux.

89% aimeraient consommer davantage de produits artisanaux. 70% souhaiteraient totalement changer leurs manières de consommer. 60% pensent être capables de se passer des plus grandes marques.

Les chiffres parlent d’eux mêmes et sont faciles à analyser.

Nous voulons manger du local et du bio.

Évidemment, lorsqu’on s’appelle Coca-Cola, Nutella, Danone… Ça donne matière à réfléchir. Nous avons construit depuis des décennies notre alimentation sur l’industrialisation des repas. Et du jour au lendemain ou presque, nous voilà en mode artisanal.

Un changement aussi brutal et aussi rapide ne pourra pas se faire sans conséquences. Nous allons devoir repenser les approvisionnements, la gestion des fruits et des légumes, la formation… Vaste chantier.

Verger !

Chez nous, regardez l’état des stocks des fruitiers dans notre profession Pour trouver la demi-tige de nos rêves, il faudra se lever de bonne heure et faire le tour de l’Europe.

Au printemps 2020, les jardiniers en herbe ont épuisé les réserves des années à venir. Seulement voilà, le fruitier n’est pas le rouleau de papier toilette, sa mise sur le marché demande un peu plus de temps.

Nous aussi au jardin, nous allons subir une révolution. Les gars, si vous voulez des fruitiers de qualité dans l’avenir, va falloir vous engager sur des contrats de culture.

  • Des quoi ?
  • Des engagements anticipés !
  • C’est quoi ce truc-là ?

Il était facile auparavant de se pointer du jour au lendemain chez un pépiniériste, de négocier les prix et d’en changer si vous n’étiez pas satisfait de la remise. Mais à force de scier branche par branche, nous pourrions bien tomber de l’arbre.

Nous allons avoir besoin de fruitiers et de petits fruits, et pour cela, il va falloir en trouver. La fidélité envers son producteur pourrait devenir un argument nécessaire.

Engagez-vous, qui disaient !

Roland MOTTE

Roland MOTTE

Jardinier, amoureux du Jardin « au naturel » qu’il aime cultiver dans les Vosges. Passionné depuis toujours du végétal, son expérience au poste de vendeur à celui d’acheteur national, élu "Acheteur de l'année 1996" (Graines d’Or), lui permet d’analyser finement les évolutions du marché et d’observer les tendances pour les pros comme les amateurs. Conseil en développement et en stratégie de communication Roland apporte son expertise auprès de nombreuses entreprises leader du jardin et de la distribution. Conférencier, Conseil et Journaliste, Roland est aussi dirigeant de la société de conseil RMJ et de la boutique en ligne « Les Jardins de la Terre » -
Origine : Editorial – Billet d’humeur (Original)
Signature : ROLAND MOTTE… JARDINIER !
Crédit photo : Photo Générique ou logo société
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