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Roland MOTTE
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Roland Motte : Climat : Qui va trinquer ?

Le vin dépend des vignes, c’est bien connu. Sans raisins, pas de vins. Alors si les pieds de vigne se sentent moins à l’aise à cause du réchauffement climatique, on pourrait bien se retrouver avec des grands crus d’Angleterre ou de Bretagne… Les temps changent !

Institutions

Voilà des siècles que les choses sont en place… Et bien en place. Si l’on parle de Champagne, on sait qu’il faut aller près de Reims… En Champagne. Pour les bons vins, il n’y a pas à discuter, c’est la Bourgogne, le Bordelais, et les autres qu’il est inutile de vous présenter. Mais… Il y a un mais ! Avec le réchauffement climatique, les choses pourraient bien évoluer.

Nous avions déjà eu une alerte au début du siècle dernier avec l’arrivée du phylloxéra. La petite bestiole avait mis à mal quelques régions où la piquette locale n’était peut-être pas super canon… Mais elle avait le mérite d’exister. La destruction des vignes à cause de ce fameux phylloxéra a eu raison de nombreux hectares.

Cette catastrophe naturelle pourrait bien se reproduire. La vigne a des besoins à commencer par une certaine stabilité climatique. Le temps qui évolue plus vite que prévu pourrait avoir raison des régions viticoles.

Les conséquences de ces adaptations pourraient changer la donne et provoquer des bouleversements économiques dans ces zones historiques.

Vin de Bretagne

A la fin du 19ème siècle, il a fallu arracher en Bretagne bon nombre de pieds de vigne à cause de ce phylloxera. La fin d’une grande histoire, puisque le vin de Bretagne était connu par les Romains. La vallée de la Rance était entièrement consacrée au vignoble.

Terre de culture par excellence, nos amis Bretons se lancent aujourd’hui dans la plantation de vignes. 25 projets sont déjà très avancés. Si la forte humidité ne permettait pas de cultiver la vigne auparavant, le changement de temps facilite aujourd’hui les choses et laisse imaginer un bon vin Breton bien meilleur peut-être que celui de Bordeaux. Mais ça, on en reparlera dans quelque temps. Et si par ailleurs la Bourgogne, avec un climat un peu plus continental, connait des étés trop chauds pour assurer une bonne qualité ? Vous imaginez le bazar ? Le bon vin changerait de camp. A plus ou moins long terme. Si c’est le cas, c’est toute une économie de région qui pourrait se retrouver à la rue. Tant mieux peut-être pour les nouvelles régions viticoles… Remplacer les vignobles d’Arbois par des oliviers, voilà une hypothèse ou une des conséquences de ce changement de climat ?

Climat

Les pros du vignoble le savent, pour que la vigne nous donne les meilleurs raisins, il faut un ensemble de conditions plus ou moins identiques chaque année.

Le soleil d’abord, c’est lui qui va donner les degrés et la qualité du vin. Il faut aussi des températures équilibrées, sans excès de froid en particulier au printemps. La chaleur extrême aussi en été n’est pas forcément une bonne chose.

En tenant compte du sol de la région, nous avions l’ensemble des conditions réunies pour nous donner le chouette pinard de nos rêves ! Allez, je vous l’accorde, on pouvait avoir quelques écarts de pluie, de soleil ou de température… Mais on appelle cela le millésime, la bonne ou la mauvaise année.

Aujourd’hui par contre, et ce depuis une vingtaine d’années, les changements sont beaucoup plus fréquents et importants. Au point de se poser la question : « sommes-nous encore dans une région à vigne ? ».

Bon an mal an, la vigne commence à se déplacer. L’Angleterre, la Belgique ou les Pays-Bas se lancent dans la confection de blancs et de vins pétillants avec quelques succès à la clé.

La vigne remonte vers le Nord et le réchauffement climatique redéfini la carte des plantations. Et d’autres cultures pourraient bien suivre le même chemin !

Peut-être…

Si l’on se projette un peu dans l’avenir, nous pourrions déguster d’ici 20 ans des vins de Norvège ? Tout devient possible. Mais dans ce cas, le Sud de l’Italie ressemblera aux déserts du Mexique avec une profusion de cactus, les seuls à pouvoir tenir dans ce milieu si chaud et si hostile ?

Pour les gens du Grand Est et des Hauts de France, vous avez rêvé d’oliviers et d’orangers ? Ce sera peut-être une réalité dans quelques temps. L’orange de Lorraine qui remplace la mirabelle du même nom ?

Les vendeurs de voiles d’hivernage s’en iront loin de nous, en Sibérie ou en Alaska pour faire fortune… Et les productions de plantes vertes viendront dans le sud de la France pour économiser le chauffage !

Pour les forêts, oublions les hêtres et les chênes, pas mieux pour les épicéas, nous irons en randonnée dans les Alpes à l’ombre des micocouliers en admirant le lac artificiel à la place de la mer de glace !

Une seule question se pose, ça sera mieux ou moins bien ? Ben… On verra ! Mais dans tous les cas, producteurs et distributeurs de plantes, nous allons devoir rester très à l’écoute pour nous adapter au jour le jour !

Roland MOTTE

Roland MOTTE

Jardinier, amoureux du Jardin « au naturel » qu’il aime cultiver dans les Vosges. Passionné depuis toujours du végétal, son expérience au poste de vendeur à celui d’acheteur national, élu "Acheteur de l'année 1996" (Graines d’Or), lui permet d’analyser finement les évolutions du marché et d’observer les tendances pour les pros comme les amateurs. Conseil en développement et en stratégie de communication Roland apporte son expertise auprès de nombreuses entreprises leader du jardin et de la distribution. Conférencier, Conseil et Journaliste, Roland est aussi dirigeant de la société de conseil RMJ et de la boutique en ligne « Les Jardins de la Terre » -
Origine : Editorial – Billet d’humeur (Original)
Signature : ROLAND MOTTE… JARDINIER ! Le Guide des Consommateurs
Crédit photo : Photo Générique ou logo société

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