Le Bisontin Roland Motte est jardinier, chroniqueur, formateur, musicien et également préparateur mental des handballeuses de l’ESBF. Rencontre.

« Je donne les outils aux filles pour qu’elles prennent le relais. Je ne suis pas indispensable », prévient Roland Motte. Le préparateur mental de l’ESBF fait rarement la grimace ou alors pour mimer un coach adverse. Depuis l’été 2015, pour donner un coup de pouce, débloquer les esprits. « Je suis là pour toucher l’imaginaire. Aujourd’hui, elles ne peuvent pas affirmer qu’elles seront championnes de France dans deux ans. J’ai le droit de le dire, encore plus lorsque je le dis avec mon ukulélé. Je dois créer l’imaginaire. Si tu ne te dis pas que tu peux être champion, tu ne le seras jamais », argumente celui qui avait déjà officié à ce “poste” à la fin des années 90.

Roland Motte avait été des campagnes de champion de France de l’ESBF des coaches Maréchal-Demouge en 1998 et de la montée en D2 de Vesoul en 2005. « On ne doit pas s’attribuer la victoire. Celui qui gagne, c’est celui qui marque des buts ou qui les arrête. » Il sait rester à sa place, dans l’ombre et se sert de l’humour pour détourner l’attention lorsque les projecteurs sont trop tournés vers lui. Cette humilité, il la doit sans doute à son parcours plein de virages, de remise en questions. Ne lui demandez jamais de vous raconter sa vie, vous y passeriez la nuit. Non pas qu’il tourne autour du pot sans arrêt, mais Roland Motte a bien vécu et captive rapidement son auditoire.

Jardinier de métier, il est aussi musicien, formateur, écrivain… Atypique, le parcours du Bisontin ? Si peu… « Après des études générales, je me suis retrouvé au lycée agricole de Byans-sur-Doubs. J’ai été viré au bout d’une année. J’ai enchaîné les petits jobs : cueilleur de pommes, de fraises, j’ai fait des vendanges… Pendant quatre ans, j’ai été bûcheron dans les Vosges près de Neufchâteau. J’avais les cheveux longs et la moustache », se souvient le sexagénaire.

« Faire du jardin et de l’humain »

Et puis, il a trouvé du travail chez Baudoin (futur Jardiland) rue de Dole à Besançon. Ne tenant pas en place, il s’est lancé dans une formation pour devenir élagueur aérien. « Et la famille Baudoin est revenue me chercher pour l’ouverture d’une jardinerie à Vesoul. J’étais en charge de la pépinière et de la motoculture. Ensuite, j’ai pris la direction d’un magasin à Chalon-sur-Saône, puis à Roanne et à Essey-lès-Nancy. »

Au bout de trois ans passés à Nancy, Roland Motte tourne en rond. « Tout allait bien, trop bien. J’avais besoin de challenges et de surprises. » Il a envoyé son CV et s’est retrouvé acheteur chez Gamm vert de 1992 à 1996. « Je devais sélectionner les produits, négocier les prix, des exclusivités, sans étrangler les producteurs et faire en sorte que les magasins veuillent de ces produits. » Élu meilleur acheteur de l’année 1996 par ses pairs, il est touché par cette reconnaissance mais prend tout de même son baluchon et s’installe à son compte à Besançon. Avec sa femme Maryline Miori, il monte Roland Motte Jardins (RMJ) pour enseigner les techniques de jardinage auprès du grand public et former des professionnels au management. « Je me suis lancé, avec un carnet d’adresses et de la tchatche. Je partais avec des compétences “jardins” et dans les entreprises on me parlait des Hommes… Je me suis vite rendu compte qu’il fallait faire du jardin et de l’humain. »

Pour le grand public, il crée un jardin pédagogique sur quatre hectares, à Vittel, pour faire des tests puis pour enseigner et démontrer la faisabilité de techniques de jardinage au naturel. En parallèle, il tient une chronique hebdomadaire chez nos confrères radio de France Bleu, il sort une dizaine d’ouvrages, fait des conférences, donne des concerts avec l’Orchestra Garden Members… Quand on vous dit qu’on allait passer la nuit…