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Limousin – cinq generations de fleuristes et une fin ?

La rédaction de JAF-info

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Les Montagnac, une véritable saga florale depuis cinq générations. Retour sur une généalogie qui sent bon la passion.

Pour retrouver l’origine du métier de fleuriste dans la famille Montagnac, il faut remonter loin. Plus précisément en 1908, quand Jean ouvre, avec son fils Pierre, le premier magasin de fleurs dans le quartier de Souilhac. Quelques années plus tard, Pierre Montagnac part au service militaire et ensuite sur le front durant quatre années. Sa femme Marie, qui ne sait ni lire ni écrire, est contrainte de tenir la boutique pendant sept ans. « Elle dissimulait toujours qu’elle ne savait pas lire. Quand elle recevait un colis, elle prétextait à chaque fois qu’elle n’avait pas ses lunettes pour signer et demandait à quelqu’un de le faire pour elle », se souviennent Renée Montagnac et sa fille, Sylvie. « Les femmes ont toujours beaucoup travaillé dans les magasins », ajoutent-elles fièrement. « Mon arrière-arrière-grand-père a commencé par faire venir des ‘illets de Nice avant d’ouvrir sa première boutique. C’était un sacré personnage. Il enlevait le feu, arrachait les dents et vendait du petit salé », confie en souriant Sylvie, la dernière fleuriste de la lignée Montagnac.

Dramatique juin 1944

Pierre Montagnac aura deux fils, Robert et André, qui se lanceront successivement dans le monde des fleurs. Robert reprendra le magasin paternel alors que son frère André en ouvrira un nouveau à la gare. Dans les premiers temps, pas de solidarité fraternelle qui vaille, bien au contraire. « Ils étaient ennemis et se piquaient même les colis », raconte Sylvie. Mais la guerre des roses n’aura duré qu’un temps avant que les frères se rabibochent.

« Le 7 juin 1944, le père de mon mari a perdu sa femme au moment de l’attaque de Tulle. Elle a été victime d’une balle perdue sous les yeux de son fils Jacques », raconte Renée Montagnac. Deux jours plus tard, c’est le tragique épisode des pendus. Et depuis 1945, la famille Montagnac honore chaque année la tradition des balcons fleuris avec des ‘illets et des glaïeuls.

Jacques, plus connu sous le diminutif de Jacky, perpétuera la saga familiale florale en reprenant le magasin de son père et celui de son oncle, André. Il rachètera également la maison Broch dans le Trech (vieille famille de fleuristes). C’est la grande époque avec trois boutiques, les serres et les pépinières.

En 1963, après dix-huit ans de fonctionnariat à la préfecture, Renée quitte son poste pour venir prêter main-forte à son époux. « Je n’y connaissais rien. En ce temps-là, on faisait des graines potagères, de la semence, des couronnes funéraires en perles… » se souvient-elle. « Maman faisait un peu office de public relation », la taquine affectueusement sa fille Sylvie. « À cette époque, toutes les employées et moi avions du vernis aux ongles et de belles blouses. Il fallait être chic. On a eu jusqu’à quinze employées », renchérit Renée, que tout le monde surnommait Catherine, à cause de sa ressemblance avec l’actrice Catherine Langer. Si le vernis était de rigueur à l’époque, c’est que les bouquets n’étaient pas confectionnés en boutique mais à l’atelier du boulevard Albert-Camus.

Formée avec des grands

En 1974, Sylvie, baccalauréat en poche, annonce à son père qu’elle souhaite faire les Beaux-arts. Jacky Montagnac ne l’entend pas de cette oreille. « Pour ne pas le décevoir, je suis donc restée dans la fleur et j’ai compensé ma frustration en développant le côté création. J’ai eu la chance de travailler avec des grands. Mon père m’a payé des formations avec Jean-Jacques Ducourthial, meilleur ouvrier de France, et Pierre Chapuis, considéré comme le Dior de la fleur. Une fois dans le métier, mon père ne m’a jamais mis la pression. Il me laissait faire ce que je voulais », raconte-elle. Dans l’aventure familiale des fleurs, à défaut d’entraîner son frère et sa s’ur, elle réussit à enrôler son mari, Jean-Pierre Parel, dit Pilou Montagnac. Lui qui était boulanger aime à dire qu’il est toujours resté dans les couronnes… mais d’un autre genre. Le deuil représente toujours une grande part de marché.

Intransigeante sur la qualité

Sylvie reprend l’affaire familiale en 1996. Son père n’est jamais bien loin. « Il me faisait la compta jusqu’en 2008 », se souvient-elle.

Sa marque de fabrique ? La créativité et la qualité ! « Je n’ai jamais fait la guerre avec la concurrence. Je ne discute pas les prix avec mes fournisseurs, mais je veux de la qualité. Je me bats pour ça et je suis intransigeante là-dessus. Les roses viennent par exemple d’Équateur. Elles sont coupées le dimanche, expédiées dans la foulée et nous les vendons dès le mardi. Et je n’ai pas honte de dire que je jette des fleurs si je ne les trouve plus suffisamment belles pour être vendues. Même avec le deuil on ne travaille pas de fleurs de seconde qualité. Les clients le savent et voient la différence », se félicite-t-elle.

Pas de successeur

Des trois magasins, il ne reste aujourd’hui que celui du Trech, que Sylvie gère avec trois salariées. « La boutique de Souilhac a été vendue, il y a une bonne vingtaine d’années, l’espace est occupé par la pharmacie Luc; et celle de la gare, l’an dernier », explique Sylvie.

« Mon père s’est tellement investi, ça me fait un peu mal au coeur que personne ne reprenne derrière moi. Je n’ai qu’une seule fille qui a fait Histoire de l’art, ce dont j’aurai rêvé », avoue Sylvie qui se consacre aujourd’hui, en parallèle, à sa passion des antiquités et remue des fleurs… de soie dans sa boutique de déco.

 

Publication à durée illimitée

Signature : LAMONTAGNE.FR – ANNE LAURE BAUMARD
Crédits Photo : GAUDIN AGNES – CF PINTEREST
Sources : http://www.lamontagne.fr/limousin/actualite/departement/correze/tulle/2014/01/02/cinq-generations-de-fleuristes-qui-ont-su-faire-rimer-leur-nom-avec-qualite-et-creativite_1822258.html
Origine : Veille – Curation
comptoir

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