L'info pour les pros !
10 Ans !
Paris – Le saviez-vous ? La belle histoire du marché aux fleurs de la Cité
184
Vues
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Publicité - Pack Impact
Publicité - Pack Impact
Publicité - Pack Impact
Mairie de Paris Marché aux fleurs JAF-info Fleuriste
La rédaction de JAF-info

Paris – Le saviez-vous ? La belle histoire du marché aux fleurs de la Cité

Le marché aux fleurs de l’île de la Cité avait besoin d’une cure de jouvence. Sa rénovation a été votée au Conseil de Paris en décembre 2020. Mais connaissez-vous son histoire ? On vous raconte comment tout a commencé… en 1808 !

  • En 1808, un décret de Napoléon cède le terrain à la Ville de Paris
  • Dès 1873, des fontaines Wallace installées et toujours visibles aujourd’hui
  • En 1905, des fouilles archéologiques mettent à jour une basilique antique
  • En 1910, l’arrivée du métro… et de la crue centennale
  • En 1914, la fleur est au fusil, plus sur le marché…
  • En 1922, l’architecte de la grande serre du jardin d’Auteuil est à l’œuvre
  • En 1975, le plateau Beaubourg a bien failli griller la politesse à la Cité
  • En 2014, une visite royale change le destin du marché
  • En 2016, le marché rêvé en Crystal Palace
  • En 2020, vers une nouvelle vie pour le marché aux fleurs

Ce petit coin de verdure place Louis Lépine et quai de la Corse (4e) a vécu bien des péripéties. Suivez-nous au cœur de la plus ancienne île de Paris, dans la longue et mouvementée histoire du marché aux fleurs, aujourd’hui dénommé marché aux fleurs- Reine Elisabeth II, et de ses pavillons métalliques (re)construits plusieurs fois.

En 1808, un décret de Napoléon cède le terrain à la Ville de Paris

S’il ne ressemble pas à celui que nous connaissons aujourd’hui, un premier marché aux fleurs, quasiment au même emplacement, est décidé dès 1808. Félix et Louis Lazare relatent sa création dans leur Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments (édition de 1844) , à lire sur Gallica.

Un décret signé Napoléon acte dès 1808 que le terrain vague bordant le nouveau quai Desaix (une partie de l’actuel quai de la Corse) “est cédé et abandonné à la ville de Paris, pour y transférer le marché aux fleurs et arbustes qui se tient maintenant sur le quai de la Mégisserie, à la charge par elle (…) d’exécuter à ses frais toutes les dispositions nécessaires pour l’établissement du marché, lequel sera tenu à ciel découvert.”

Le marché est inauguré le mercredi 16 août 1809. Il se tenait les mercredi et samedi de chaque semaine. Il était orné de deux bassins qui seront reconstruits en 1840 et raccordés aux égouts, tandis que des bornes et un dallage en bitume délimitent le marché.

Dès 1873, des fontaines Wallace installées et toujours visibles aujourd’hui

Entre 1860 et 1865, les travaux du tribunal de commerce amputent le marché aux fleurs de sa partie ouest et son espace dédié est radicalement transformé.

Le 15 aout 1874, L’Univers illustré (hebdomadaire d’actualité français qui a paru de 1858 à 1912) décrit le nouveau marché aux fleurs de l’île de la cité: “Les abris sont tous construits sur un modèle uniforme. De sveltes colonnettes de fonte supportent des toitures d’un profil gracieux, dont le sommet et les angles sont ornementés avec goût.” Lire sur Gallica Dès le 5 avril 1873, le journal décrivait les premiers travaux de ces 460 abris, placés sur huit rangées se faisant face par deux. Lire sur Gallica

Les travaux ont été confiés à la maison André et Fleury. Le marché est alors équipé de fontaines Wallace (encore visibles aujourd’hui et inscrites aux Monuments Historiques en 1970) qui remplacent les anciens bassins.

En 1905, des fouilles archéologiques mettent à jour une basilique antique

Au cours de l’année 1905, le marché est interrompu et la place devient à nouveau un immense chantier. Et pour cause, elle est sur le parcours souterrain du métro et près de l’emplacement de l’entrée de la station Cité, alors que la ligne 4 du métro va être construite.

Avant cela, des fouilles archéologiques ont lieu et mettent à jour des substructures de murs antiques, comme nous les dévoile ce recueil iconographique archivé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. C’est une véritable basilique qui est découverte. Mais son usage religieux a été écarté. Il s’agissait probablement d’un bâtiment civil. Le site du musée d’archéologie nationale la décrit : “Elle était bâtie en blocs de remploi comportant beaucoup de fragments d’origine funéraire, parmi les plus beaux découverts à Paris. De forme rectangulaire, elle était longue de 70 mètres pour une largeur de 35 mètres.”

En 1910, l’arrivée du métro… et de la crue centennale

La construction de cette ligne relève un défi spectaculaire pour l’époque : traverser la Seine, non au-dessus, mais sous l’eau. Pour cela, les ingénieurs vont utiliser une méthode inédite : congeler le sol pour le durcir grâce à une injection de saumure, une solution aqueuse gelée à -24°. Lire cette histoire sur le site Paris Zig Zag

Début janvier 1910, alors que les travaux de la ligne 4 sont terminés et que la station Cité n’est pas encore ouverte au public (heureusement!), la crue décennale du 21 janvier 1910 s’invite dans l’histoire et noie littéralement la station… qui n’ouvrira finalement que le 10 décembre 1910. Mais notre marché, lui, fait toujours grise mine…

En 1914, la fleur est au fusil, plus sur le marché…

Ce n’est que quatre ans plus tard, le 13 juillet 1914, qu’un concours (appel d’offres) est ouvert par la Ville de Paris pour la construction de “trois groupes d’abris comprenant chacun un promenoir central, pour le marché aux fleurs”. L’arrêté du Bulletin Municipal Officiel de la Ville de Paris (BMOVP)

Mais nous sommes en 1914 et la Première Guerre mondiale éclate, interrompant tout projet. Il faudra encore attendre six ans pour retrouver trace des travaux du marché dans cet autre arrêté du BMOVP du 28 mars 1920 : “Le Conseil délibère: L’Administration est invitée à reprendre les travaux de reconstruction des abris du Marché aux Fleurs et de transformation de l’éclairage.”

En 1922, l’architecte de la grande serre du jardin d’Auteuil est à l’œuvre

Un autre arrêté le 22 novembre 1921 nous donne le nom de l’architecte de la Ville de Paris à qui l’on doit la construction des nouveaux abris du marché (ceux qui sont arrivés jusqu’à nous) : Jean-Camille Formigé.

Architecte en chef du service des édifices et promenades et jardins de la ville de Paris, il est aussi à l’origine de la grande serre du jardin d’Auteuil, des squares et plusieurs monuments au cimetière du Père-Lachaise.

Il construira le marché selon la description donnée dans l’arrêté du 13 juillet 1914 : “L’ossature principale de ces abris sera en fer assemblé et forgé. Le promenoir central sera couvert par du verre armé, les bas côtés par du zinc. Les fers seront peints.”

Les travaux du marché ne seront effectifs qu’à partir d’octobre 1922.

En 1975, le plateau Beaubourg a bien failli griller la politesse à la Cité

On retrouve notre marché aux fleurs en 1975, alors que les travaux du Centre national d’art contemporain Georges-Pompidou sont en cours. Un article du Monde du 26 avril évoque le souhait de M. Robert Bordaz, président du Centre national, de créer sur le plateau Beaubourg un marché aux fleurs et d’inciter les pépiniéristes de la place Louis-Lépine à s’y installer.

Une pétition est lancée. Et le 8 novembre un nouvel article du Monde fait part qu’une “bonne nouvelle vient d’être annoncée par le préfet de Paris, M. Jean Taulelle, qui affirme que ” le Marché aux fleurs est et sera maintenu dans l’île de la Cité “. Le projet de réorganisation de ce marché, situé place Louis-Lépine et quai de Corse (Paris-4e), sera soumis aux édiles de la capitale au cours de leur session budgétaire qui s’ouvre le lundi 17 novembre.” Des travaux de rénovation auront lieu à la même période.

En 2014, une visite royale change le destin du marché

Le 7 juin 2014, notre marché reçoit une visite royale. La reine d’Angleterre Elisabeth II, en visite d’Etat en France depuis le 6 juin pour les commémorations des 70 ans du Débarquement allié de la Seconde Guerre mondiale, a demandé à visiter le marché. L’histoire raconte qu’en 1948, la même Elisabeth, qui n’est pas encore reine mais vient d’épouser le prince Philippe, a eu un coup de cœur pour ce lieu parisien.

Sur décision de La Ville de Paris, ce 7 juin 2014, le marché devient marché aux fleurs – Reine Elisabeth II

En 2016, le marché rêvé en Crystal Palace

En 2016, une mission d’étude sur l’avenir de l’île de la Cité à l’horizon 2040 est confiée par François Hollande, alors président de la République, à Dominique Perrault, architecte et urbaniste, et Philippe Bélaval, président du Centre des Monuments nationaux. Parmi leurs 35 propositions pour l’île de la Cité (qui donneront lieu à une grande exposition racontée ici par le Parisien) les auteurs proposent d’édifier une grande serre de plusieurs étages pour protéger le marché aux fleurs. “Un peu à la façon du Crystal Palace construit à Londres par Joseph Paxton, pour l’exposition universelle de 1851”

En 2020, vers une nouvelle vie pour le marché aux fleurs

Point de verre pour le marché aux fleurs… La Ville de Paris a voté au Conseil de Paris le 16 décembre 2020sa réhabilitation avec une remise dans leur état d’origine des halles patrimoniales. Le budget alloué est de 4 860 000 €.

Le projet prévoit aussi de repenser l’usage des lieux pour les commerçants comme pour les visiteurs. Une piétonnisation des abords du marché et de ses allées centrales est prévue, ainsi qu’une végétalisation en pleine terre avec notamment la plantation d’arbres et l’implantation d’un stand de petite restauration. Le règlement du marché, actuellement en régie directe, sera aussi révisé. Enfin, les boîtes sur le quai de Corse devraient être déposées afin de retrouver la vue sur la Seine.

Le projet de rénovation sera exécuté entre 2023 et 2025.

D’ici là on peut aller (s’)offrir des fleurs. C’est bientôt la Saint-Valentin (14 février) et la fête des grands-mères (7 mars).


Un article de Bernard Hasquenoph sur son blog Louvre pour tous a été le plus fructueux pour l’élaboration de cet article. Son minutieux travail de recherche dans les sources précises de l’histoire de ce marché, nous a permis de nous y plonger à notre tour. Un blog à suivre.
Pour d’autres photos, gravures ou peintures, on peut consulter les fonds des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris, les collections en ligne de Paris Musées ou le fonds photo de la Ville de Paris Roger Viollet.

liens et belles photos à voir sur article original


Marché aux fleurs Reine Elizabeth II
Place Louis Lépine et Quai de la Corse
75004 paris
Métro Cité, ligne 4

La rédaction de JAF-info

La rédaction de JAF-info

Le site de presse en ligne JAF-info | Jardinerie Animalerie Fleuriste est une publication des Editions Média-Talents réservée aux professionnels Créé en 2011, il concentre plusieurs sources d’informations : Une information journalistique - Une veille par la curation d’articles publiés sur le web - Des échanges avec la communauté des professionnels de la filière pour l’essentiel Ce média inédit a pour objectif de diffuser une information plutôt économique et d’actualité en continu de la profession : La distribution du jardin, des fleurs et des Animaux de compagnie. Réactif, souple, facilitant les échanges, les partages sur les réseaux sociaux et les mises en relation, son but principal est de surligner les Talents qui composent la filière. 1er média gratuit en ligne des Distributeurs de la Nature ! Indépendance, transparence et confiance : Aucun actionnariat ou intérêt dans une société ou association. La publication ne vit que du soutien de ses annonceurs
Origine : Veille – Curation
Signature : paris.fr
Crédit photo : Photo Générique ou logo société
Sources :
  • https://www.paris.fr/pages/de-napoleon-a-elisabeth-ii-l-eclosion-du-marche-aux-fleurs-de-la-cite-16565

Durée de la publication :

Sauf indication contraire toutes les publication sont à durée illimitée. A durée limitée : “brève” – “Article sponsorisé” – “Livres” (vie commerciale) – Limitée à la durée du lien : “Vidéo” – “Audio” – ” Réseaux sociaux”

Vidéo – Audio – Réseaux sociaux :

Des publications-curations peuvent provenir d’un lien “embed” ou “iframe” du site original  de diffusion. Vidéo (Youtube,  Viméo etc…), Audio et Réseaux sociaux (Twitter, Facebook etc…). La rédaction de JAF-info ne peut s’engager sur la pérennité de cette publication ou de son accès. Si l’auteur d’origine supprime la publication sur le site original, celle-ci ne pourra plus être disponible ici. Conformément à la réglementation “Presse”, elles peuvent faire l’objet d’une extraction (copie écran, etc ) si elles ont un intérêt journalistique évident et probant.

Photo :

Le téléchargement de(s) photo(s) de Luc NAROLLES est librement autorisé par l’auteur sous réserve qu’il soit fait mention du crédit suivant : Luc NAROLLES – Surligneur de Talents – JAF-info | Jardinerie Animalerie Fleuriste – Média-Talents et l’indication de l’url source entièrement visible.

Publicité - Pack Impact
ECOLE FLEURISTE PARIS Publicité - Pack Premium

La lettre de JAF-info

Chaque matin, l'essentiel de l'actu
20170624_160705 luc cut

Luc NAROLLES

Rédacteur en chef

EVERGREEN Publicité - Pack Premium