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Loi traitant la lutte contre la maltraitance animale – Une animalerie sans animaux n’est plus qu’une supérette !


Avec près de neuf millions de chiens et 15 millions de chats, les Français ne cachent plus leur affection grandissante pour les animaux domestiques.

Pourtant il ne sera désormais plus possible de s’attendrir devant des chiots et chatons derrière les vitres d’une animalerie. Le secteur, qui a augmenté de 20,7% en magasins et de 20,1% sur internet en France en 2020*, se voit désormais interdire la vente de chiens et chats en magasins dès 2024.

Adoptée par le parlement le 18 novembre, la loi contre la maltraitance animale veut ainsi lutter contre l’abandon, les Français sont les maîtres européens en la matière. S’il sera toujours possible d’adopter ou d’acheter des chiens et chats en élevages, ce nouvel acte marque un tournant pour les professionnels du secteur qui ont vu les ventes d’animaux et produits animaliers bondir sur internet.

L’avenir sans chiens ni chats dans les animaleries interroge.

«Je ne suis pas contre les lois, mais je ne comprends pas», regrette Evelyne Mouix, gérante du Dog Club dans le IXe arrondissement de Paris spécialisé dans la vente de petits chiens issus d’élevages français depuis 47 ans. «C’est très injuste car nous sommes très contrôlés, nous payons des taxes mais la vente en ligne et ses dérives, elle, va continuer», déplore-t-elle.

Comme le Dog Club, le syndicat des professionnels de l’animal familier (Prodaf) estime à 50 en France le nombre de commerces spécialisés uniquement dans la vente de chiots et de chatons qui vont devoir baisser le rideau au 31 décembre 2023.

Selon la Fédération des jardineries et animaleries de France, si les conséquences de cette interdiction seraient moindre pour les quelque 2000 enseignes de jardineries-animaleries dont seulement une centaine vendent des chiens et chats, c’est en revanche environ 100 animaleries indépendantes qui pourraient être grandement fragilisées. Tous les commerces ne sont pas menacés mais le tourment des professionnels se fait néanmoins sentir sur ce marché qui pèse environ 700 millions d’euros hors réseau des jardineries animaleries.

«Si la loi était passée cette année, nous aurions perdu environ 20% de notre chiffre d’affaires», analyse Stéphane Marchand, le patron de deux magasins indépendants Family Pet implantés en région Centre. Car si la part des ventes de chiots et chatons est dérisoire, leur présence fait vivre le rayon nourriture et accessoires qui représente la plus grosse partie du chiffre d’affaires de ses magasins et de l’animalerie en général. «Cette part vivante du business des animaleries est essentiellement un enjeu de trafic», explique Etienne Bodin, le délégué général de la Fédération des jardineries et animaleries de France.

«La partie dite «vivante» de l’animalerie ne représente que 5 à 7% des ventes en France, ce n’est pas la partie rentable», confirme également Maud Leschevin, la directrice des opérations de la chaîne d’animaleries Tom&Co leader en Belgique qui compte 44 magasins dans l’Hexagone. «En revanche, une loi qui interdirait complètement la vente d’animaux en animaleries comporterait un vrai risque pour l’avenir du secteur», prévient-elle. «Une animalerie sans animaux n’est plus qu’une supérette. Ça devient peut-être une voie de garage», s’inquiète Stéphane Marchand pour qui la détention d’animaux est devenue plus coûteuse, contrôlée par les autorités et décriée par les associations de protection animale ces dernières années.

«Internet, la plus grande animalerie de France»

Plus de personnel dédié, plus de contrôles sanitaires et vétérinaires… «La vente de chiens et chats représente des charges plus importantes pour les magasins», confirme Etienne Bodin. Ce qui explique que le réseau des jardineries et animaleries ait progressivement délaissé la vente de chiots et de chatons ou qu’une enseigne d’animalerie comme Tom&Co ne vendent que de petits animaux. Pour le président du Prodaf, la méfiance des magasins va même plus loin du fait «d’une remise en cause permanente de l’activité des animaleries, notamment car elles sont citées comme la cause des achats d’impulsion et abandons sur les réseaux sociaux».

Pourtant, selon le Prodaf et la Fédération des jardineries et animaleries, près de 80% des chiens et chats en France sont vendus via les réseaux sociaux et autres plateformes de vente en ligne. Avec 600.000 chiots et 1 million de chatons vendus en ligne en France en 2020 contre 20.000 en magasins, c’est bien internet et ses dérives possibles sur le bien-être animal qui est devenu «la plus grande animalerie de France», regrette Etienne Bodin.

« Le chien et le chat sont devenus un membre à part entière de la famille. On est dans le domaine de l’émotionnel »

Maud Leschevin, directrice des opérations Tom&Co

Sans ses animaux les plus attractifs, les animaleries, exposées à la concurrence des plateformes en ligne, peuvent-elles encore sortir leur épingle du jeu ?

«Le chien et le chat sont devenus un membre à part entière de la famille», explique la directrice des opérations de Tom&Co. Une nouvelle place qui tire le panier moyen des clients de l’enseigne vers le haut avec près de 95€ de produits par mois dépensés pour leurs petits acolytes. Pour Maud Leschevin, en boutique comme en ligne, le choix des produits animaliers et le développement du segment «bien-être» sont devenus incontournables. L’enseigne belge tout comme le marché de l’animalerie a vu fortement augmenter la demande de produits naturels pour les animaux. Des soins pour les poils et la peau, aux produits antistress jusqu’à la nourriture saine labélisée Bio… Même les accessoires sont boostés par de nouvelles fonctionnalités. Le segment des services connaît lui aussi un développement de «toute la partie soin, bien-être comme le toilettage ou les activités à faire à deux avec son animal», selon Maud Leschevin.

«Internet ne peut pas remplacer les animaleries. Avec le temps, un équilibre s’est mis en place», selon Etienne Bodin. «Il y a un véritable axe de développement pour nous car les gens se dirigent de plus en plus vers les boutiques en ligne spécialisées», observe Maud Leschevin. «On est dans le domaine de l’émotionnel». «Le développement digital nous permet d’aller capter ces nouveaux clients plus jeunes et très investis dans le bien-être de leurs animaux» note la directrice des opérations. Tom&Co prévoit ainsi 3 à 5% de croissance de vente sur les produits animaliers entre 2022 et 2025.

*Chiffres communiqués par le Syndicat des professionnels de l’animal familier (Prodaf).

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