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Questions Ouest : l’économie des fleurs. À la veille de l’ouverture, à Nantes, des Floralies, focus sur un business aux parfums délicieux mais lointains. Aujourd’hui 85% des fleurs coupées arrivent de l’étranger. Hollande, Kenya, Amérique du sud. L’Ouest qui a

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Luc NAROLLES
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Questions Ouest : l’économie des fleurs. À la veille de l’ouverture, à Nantes, des Floralies, focus sur un business aux parfums délicieux mais lointains. Aujourd’hui 85% des fleurs coupées arrivent de l’étranger. Hollande, Kenya, Amérique du sud. L’Ouest qui a la main si verte résiste t-il à cette guerre des roses?

En matière de business la fleur la plus redoutable c’est elle. La rose…Sur les terres angevines, elle est de moins en moins produite. Le secteur est ultra concurrentiel, sans quota ni label obligatoire. En 20 ans, 40 exploitations ont été rayées de la carte.

Aux Ponts-de-Cé, dans le Maine-et-Loire, une société pourtant tient bon.

Emmanuelle Froger a repris l’entreprise familiale. Et elle doit composer avec un climat souvent capricieux et un contexte économique particulièrement tendu.

« Si elles sont cueillies assez serrées, elles peuvent être conditionnées toutes proches les unes des autres. Bien emballé, ça voyage en carton, ça prend l’avion… Après, quand ça arrive, ça a déjà quelques jours, mais on les remet à boire et ça repart. Donc ça voyage bien. Et si ça voyage bien, c’est produit ailleurs, là où ça coûte moins cher, et c’est livré chez nous après. »

Pivoines, muguet, restent des productions locales

Pour résister à cette concurrence de roses venues d’ailleurs, le groupe Froger, 30 salariés et 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, a donc dû s’adapter : « On fait des fleurs qui ont une forte saisonnalité, qui ont une forte connotation festive, comme la pivoine, comme le muguet. Donc, c’est la diversité qui fait tout l’équilibre économique. On ne se base pas que sur la rose. La rose, c’est une fleur passion. » conclut Emmanuelle Froger.

Pour répondre à la demande des professionnels le groupe Froger importe la moitié de ses stocks. Venues de Hollande ou d’ailleurs, les variétés sont entreposées et conservées en frigos avant d’être expédiées chez les fleuristes du grand ouest. Le reste est produit sur place sous serre ou à l’air libre en protection biologique intégrée. Ici pas de produit phyto sanitaire ni de pesticides.

« Et ça, le gerbera, c’est une fleur qui voyage beaucoup moins bien que la rose notamment. Donc on a un avantage par rapport à la concurrence qui vient des pays étranger. Pour nous, c’est une très bonne culture, et puis derrière, des très bonnes ventes », explique Emmanuelle Froger.

« On en vit mal »

A Locmariaquer dans le Morbihan, Christine Marquer, elle, produit bio.

Elle exploite seule une petite parcelle de 1300 m2 et vend ses fleurs coupées et ses plantes aromatiques sur les marchés bretons.

« C’est mon seul revenu d’activité, j’ai deux enfants. Donc on en vit mal, mais on en vit quand même. C’est pour ça que trouve ça malheureux d’avoir autant de mal à trouver un terrain qui me permettrait d’en vivre un petit peu mieux », regrette Christine Marquer entre deux ventes.

Charte de qualité, certifications, innovation. La filière aujourd’hui semble sortir un peu la tête de l’eau. Impuissants face à une mondialisation galopante les horticulteurs n’ont plus le choix. Ils doivent désormais se recentrer sur le marché national, les circuits courts et une production local et de saison…

Le reportage de Céline Dupeyrat, Antoine Ropert, Isabelle Rettig et Myriam Thiebaut

Les Pays de la Loire sont la première région française pour la production horticole.
On y compte 2950 hectares de cultures horticoles et pépinières, qui fournissent 3 900 emplois directs.
Les 318 entreprises spécialisées dans ce domaine enregistrent un chiffre d’affaires moyen de 315 millions d’euros.

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