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Le fabuleux destin de Susanne Schrijvers devenue la fleuriste des présidents américains
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La rédaction de JAF-info

Le fabuleux destin de Susanne Schrijvers devenue la fleuriste des présidents américains

En 2012, un hasard de la vie amène la fleuriste orléanaise Susanne Schrijvers à exercer à Washington. La fleuriste en chef de la Maison Blanche entend alors parler de la “Frenchie”, la met brièvement à l’essai et l’engage. Depuis, Susanne fleurit jusqu’à cette pièce parmi les plus sécurisées au monde, le Bureau ovale.

Au milieu des fleurs et fragrances gouvernant sa ravissante boutique orléanaise, née place de La République en 2002, rien, ou presque, n’indique que Susanne Schrijvers mène en parallèle une incroyable seconde vie professionnelle.

Au-dessus du plan de travail de L’Atelier après la pluie, sous une averse de fleurs séchées tombant délicatement du plafond, un petit mot en anglais vient pourtant trahir sa grande discrétion :

“Merci de nous avoir aidés à décorer pour les fêtes”.
Il date de Noël 2014 et est signé de la main de Michelle Obama, herself.

“Je n’ai pas le droit d’en parler”

Reste qu’interviewer la fleuriste Susanne Schrijvers, c’est se heurter à pas mal de “je n’ai pas le droit d’en parler” ou de “je vous le dis, mais ça doit rester entre nous”, depuis que la Néerlandaise de 55 ans vit sous la coupe “du secret d’État américain”. Un régime hors du commun, auquel elle s’astreint de bonne grâce depuis 2012, année providentielle où elle intégrait l’atelier floral de la Maison Blanche. Le Bureau ovale au-dessus d’elle est alors occupé par Barack Obama.

À l’époque, Susanne, qui a déjà sa boutique orléanaise, suit son compagnon à Washington, où il vient de décrocher un poste à la Banque mondiale. Comme elle le narrait dans La Rep en 2012, “j’en profite alors pour travailler pour les ateliers floraux réputés de la ville. C’est comme ça que je me suis rapidement fait une petite renommée“.

Jusqu’au jour décisif où l’une de ses consœurs parle de la Frenchie (qui n’a pourtant qu’un passeport néerlandais, NDLR) à la fleuriste en chef de la Maison Blanche. Le profil de Susanne l’intrigue. On fait alors savoir à la Frenchie qu’elle serait bien inspirée de candidater. Ce que fait sans tarder Susanne, le plus simplement du monde, par la poste. Quand elle m’a répondu, j’étais dans ma boutique à Orléans. Elle m’invitait à faire un essai deux jours plus tard, rembobine-t-elle. Pas exactement la porte d’à côté, mais 48 heures plus tard, Susanne est bien à Washington, “après avoir failli rater mon avion“.

Quand elle demande où elle doit se présenter, on lui répond : “À la sécurité du 1.600 Pennsylvania Avenue NW”. Celle de la Maison Blanche. “Moi, j’ignorais que c’était là-bas”, s’étonne encore huit ans plus tard la fleuriste orléanaise.

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“Je n’ai pas le trac du tout, ce jour-là”

Toujours est-il que, “bizarrement, je n’ai pas le trac du tout ce jour-là”, et que son essai est concluant. La chef des fleurs qu’hument les présidents américains dans l’exercice quotidien de leurs fonctions était à l’époque une adepte du French garden style. De bouquets champêtres tirant aussi leur beauté des feuillages les composant. “Je me souviens que je lui ai dit, je peux vous faire ça sans problème.

Susanne vient de décrocher le job de ses rêves, sans pourtant jamais y avoir rêvé. Elle intègre une brigade de cinq fleuristes. Débutent alors ses allers-retours réguliers entre sa petite boutique française et les immenses États-Unis d’Amérique. “Six semaines là-bas, deux ici.”

Son job à la Maison Blanche lui manque…

En cet étrange mois de décembre 2020, depuis son joli commerce, la maman trois fois se fait maintenant plus sombre : “Ça fait huit ans que je décore la Maison Blanche à Noël.” Clouée au sol français par le Covid, Susanne déplore n’avoir pu y officier cette année, alors que – fabuleux privilège – “je peux y aller quand je veux”.

À la Maison Blanche, les présidents passent – et là on pense aux derniers jours du détonnant locataire Républicain Donald Trump –, mais les fonctionnaires à son service demeurent. “Entre les cuistots, électriciens, femmes de ménages…, on est environ 90″ à assurer son bon fonctionnement. Susanne ignore quand elle pourra y retourner, “et ça me manque énormément”.

La question qui brûle les lèvres : et une fleuriste, ça les croise parfois les présidents américains ? “Oui, bien sûr qu’on croise les présidents, mais je n’ai jamais parlé à Obama ou à Trump”, qui ont sans doute d’autres chats à fouetter. Non, Susanne a plutôt affaire aux first ladies.

Avec Melania Trump dans l’atelier floral de la Maison Blanche.

“Melania Trump est une personne sympathique, elle adore les hortensias. Oui, on la voyait souvent, elle s’occupait beaucoup des fleurs. Madame Obama, qui était plus orchidées, avait d’autres occupations”, commente simplement Susanne, qui ne reverra probablement jamais plus “Madame Trump”. Son Mari, ne lui en déplaise, devra avoir fait ses cartons avant la date du 20 janvier, jour de la passation de pouvoirs aux Etats-Unis. Vous auriez voté pour lui ou le démocrate Joe Biden ?

“Les Obama faisaient énormément de fêtes”

Mine gênée, derrière puissant accent néerlandais, elle confessera seulement espérer “pouvoir retrouver rapidement le nouveau locataire de la Maison Blanche”. Son déjà troisième président. Susanne, soumise au devoir de réserve, n’en dira à peine plus : “J’ai suivi les élections américaines avec une attention toute particulière, mais je ne parle jamais de politique, car ma fonction là-bas ne l’est pas.” On comprendra qu’elle préfère rester discrète sur le sujet.

Susanne est davantage babillarde au regard des différences de styles entre les couples présidentiels. “Les Obama faisaient énormément de fêtes, ils donnaient beaucoup de dîners d’État, avec jusqu’à 800 personnes à table. Avec les Trump, c’est beaucoup plus calme, il faut dire qu’ils célèbrent moins les Mexicains ou les lesbiens que les Obama !” Sous l’ère du couple démocrate (2009-2017), “il y avait énormément de fleurs dans la Maison Blanche, moins avec les Trump qui donnaient peu de fêtes et n’étaient pas souvent là le week-end.”

Dans l’intimité des Obama…

Susanne Schrijvers n’habite plus à Washington aujourd’hui. “Je vis ici, à Orléans, et y retourne quand on a besoin de moi.” Si elle confesse désormais “avoir fini par m’habituer à ce job“, il y a pourtant cette lumière dans son regard quand elle repense à sa présence dans le Bureau ovale. “J’y ai notamment décoré la cheminée et le sapin de Noël pour les deux présidents. C’est toujours impressionnant d’y pénétrer, même s’il n’est pas très grand. Savoir ses fleurs dans l’un des lieux les plus stratégiques au monde, ça fait toujours quelque chose. Surtout que très peu de monde entre dedans.” Moins que dans sa jolie boutique orléanaise, c’est sûr…

Tout le monde n’entre pas non plus chez les Obama. Susanne, si. “Depuis qu’ils ne sont plus aux affaires, il me revient parfois l’honneur de décorer leur maison et son bureau à lui. Ils sont restés à Washington. C’est à mes yeux plus impressionnant encore que d’être à la Maison Blanche. À ce moment-là, je suis dans leur intimité. Je peux les entendre, lui marcher dans sa chambre et elle qui fait son sport au sous-sol. Un jour, Michelle Obama est même venue me faire un hug (un câlin, NDLR).” La fameuse décontraction américaine…

Susanne n’a peut-être pas sa boutique physique dans la capitale politique américaine, mais elle y travaille parfois en free lance, parallèlement à son job “de fonctionnaire”, décorant chez des particuliers pour Noël. Elle a aussi pu arrondir une fin de mois en mettant son savoir-faire floral au service d’Hillary Clinton. L’ex first lady “organisait alors un gala dans son jardin, afin de lever des fonds pour sa fondation.”

C’était avant 2019, “année où j’ai travaillé en Chine, à Chengdu, comme directrice artistique dans un immense château français. Son propriétaire avait fait venir les pierres de Bourgogne et le marbre d’Italie”. Vous menez une vie qui en ferait fantasmer plus d’un, Susanne… Sourire en coin : “Parfois, je me dis qu’il faudrait que je me calme un peu.” Le désire-t-elle tant que ça, au fond…

À la pierre de ce mur de l’Atelier après la pluie est suspendue une photo figurant François Hollande dans le Bureau ovale. Devant le feu qui crépite dans l’âtre, le président français signe un document sous le regard de Barack Obama. Un magnifique bouquet de fleurs signé Susanne Schrijvers repose sur la table devant lui. Il a la forme et la beauté du couronnement d’une carrière.

La rédaction de JAF-info

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Crédit photo : Photo Générique ou logo société
Sources :
  • https://www.lamontagne.fr/orleans-45000/actualites/le-fabuleux-destin-de-l-orleanaise-susanne-schrijvers-devenue-la-fleuriste-des-presidents-americains_13899301/#refresh
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Luc NAROLLES

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