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Isabelle MORAND – Saint Valentin – Sur le front Hugo Clément a mené une enquête de la Bretagne à l’Afrique.

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Pour le magazine “Sur le front” qui sera diffusé lundi 7 février sur France 5 à 21h, Hugo Clément a mené une enquête de la Bretagne à l’Afrique.

C’est l’histoire d’un hortensia cultivé en Bretagne. Un beau jour, on lui coupe les tiges pour en faire un bouquet qu’on installe dans un pot, puis dans un camion. Mais le bouquet d’hortensia ne part pas tout seul. Il a été équipé d’un traceur GPS pour suivre son long voyage.

Le périple de l’hortensia

Le destin de cet hortensia est raconté par Hugo Clément qui a mené l’enquête pour le magazine Sur le front :

“Une journée après avoir quitté la Bretagne, il était aux Pays-Bas. Depuis les Pays-Bas, qui sont une énorme plateforme logistique pour la distribution des fleurs partout en Europe et partout dans le monde,ce bouquet est revenu – à notre grande surprise – en France, pour être vendu chez un fleuriste en Île-de-France. Le bouquet a transité par un pays étranger alors qu’il a fini par être vendu chez nous !

Au total, 1500 km pour le bouquet, entre son point de départ (la Bretagne), son transit par le plus grand marché de fleurs au monde (Aalsmeer aux Pays-Bas) et son retour en banlieue parisienne (Viroflay). Bonjour le bilan carbone…

Afrique : des roses bourrées de pesticides

Et encore l’hortensia, lui, a pris la route. Car, chaque jour, 1 million de roses sont cueillies dans une exploitation éthiopienne de 5 hectares. Ces roses voyagent par avion, là encore jusqu’aux Pays-Bas avant d’être acheminées partout en Europe. Un laboratoire spécialisé a établi la présence dans chaque fleur d’une quarantaine de produits dont des pesticides interdits.

“L’avantage des fermes horticoles qui cultivent uniquement de la rose et sont installées en Éthiopie ou au Kenya, c’est qu’il n’y a pas besoin de chauffer les serres. La main-d’œuvre y est aussi beaucoup moins chère…

En revanche, on y utilise des pesticides dans des quantités très importantes. En Éthiopie, dans les entrepôts où les pesticides sont stockés, on trouve plusieurs produits qui ne sont plus utilisés en Europe et qui continuent à être appliqués sur les fleurs en Afrique. Donc, elles arrivent sur notre marché en ayant impacté l’environnement local avec des produits interdits. Autour de la zone de culture, un lac est totalement pollué par les rejets de résidus chimiques.”

“Ces fleurs vendues chez nous sont cultivées avec des produits interdits dans l’Union européenne.”

Hugo Clément à franceinfo

Relancer la filière française des fleurs coupées

Les fleuristes français ne sont pour rien dans ce business compliqué et méconnu. Si ces fleurs qui ont traversé frontières ou écrans, se retrouvent dans leurs magasins, c’est notamment en raison du peu d’offre de fleurs françaises. Mais la filière des fleurs coupées, cultivées dans le respect de la réglementation, reprend un peu de poil de la bête.

Avant d’acheter un bouquet pour la Saint-Valentin ou une autre occasion, renseignez-vous sur l’origine des plantes. Et si vous le pouvez, offrez des fleurs produites en France.

Isabelle MORAND

Isabelle MORAND

Chroniqueuse Jardin chez FRANCE INFO, Directrice de rédaction du site Hortus Focus.fr, co-fondatrice de Thetapress
Origine : Veille – Curation
Signature : Isabelle Morand – franceinfo
Crédit photo : Photo Générique ou logo société