La Fête des mères du 11 mai prochain est une aubaine pour les fleuristes. La plupart d’entre eux doublent leur chiffre d’affaires par rapport à un dimanche ordinaire.

« C’est la plus importante fête de l’année pour notre profession,témoigne Rita Gilson fleuriste à La Bruyère (Namur). On fête à la fois les épouses, mamans, grands-mères et belles-mères.»

N’empêche qu’en 2002, notre pays comptait 4 452 fleuristes; fin 2012, il en restait 3 923. Soit une baisse de 12% en 10 ans! Cette semaine a encore été plus chargée que les autres dans une profession où on ne compte pas ses heures.

Selon une enquête menée par le SNI auprès de 206 fleuristes, 26€ sont en moyenne dépensés pour un bouquet de Fête des mères. 58% des fleuristes interrogés vendent la moitié de fleurs en plus ce jour-là, tandis que 28% remarquent une augmentation de leurs ventes de 40%.

« Une aubaine pour ces petits commerçants qui rencontrent des difficultés surtout avec la concurrence des supermarchés et des stations essence qui proposent également des bouquets , explique la présidente du SNI, Christine Matheeuws.L’offre est certes plus limitée dans les supermarchés et autres points de vente. Cependant, le consommateur peut trouver là d’autres produits à sa disposition. Il s’agit d’un one stop shop».

Le syndicat neutre pour indépendants rappelle que chaque semaine, un fleuriste jette l’éponge dans notre pays.

« Ce sont surtout les commerçants situés dans les zones moins favorisées économiquement qui souffrent, précise Rita Gilson en préparant des bases de montage. L’important reste l’accueil, la fraîcheur, le sourire. Il faut rester disponible et à l’écoute pour fidéliser le client.»

Ses fleurs, elle va les acheter elle-même deux fois semaine à la criée. Soit deux fois 3 heures à consacrer. Le défi est de commander la bonne quantité, histoire de n’avoir rien à jeter. Certains se risquent à commander par internet; Rita préfère juger sur place de la qualité, en touchant tous les végétaux qu’elle convoite.

« Les invendus et ce qui reste dans les frigos sont achetés à bas prix par des ambulants. Et ce que vous trouvez dans les grandes surfaces est de moindre qualité. Mais ils achètent en grande quantité et vendent même à perte. Cela fait aussi des années qu’on nous promet de réguler la vente de muguet. Mais rien ne bouge.»

Depuis toujours, pour se diversifier, Rita propose aussi des articles cadeaux. « Ce qui a changé c’est qu’auparavant beaucoup de clientes se faisaient elles-mêmes plaisir en s’offrant un bouquet ou un montage de temps à autre. Cela a changé avec la crise économique.» Quand on fait remarquer à la fleuriste que le prix des fleurs coupées a baissé en avril dernier, elle rétorque que cette «baisse n’est qu’anecdotique dans un juteux marché entre producteurs et grossistes.».