Provence-Alpes-Côte d’Azur – Que se passe-t-il dans les Bouches-du-Rhône ? Nombreuses sont les accusations portées contre les animaleries !

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Provence-Alpes-Côte d’Azur – Que se passe-t-il dans les Bouches-du-Rhône ? Nombreuses sont les accusations portées contre les animaleries !

Animalerie

La rédaction de JAF-info

D’anciens employés de boutiques spécialisées des Bouches-du-Rhône dénoncent les conditions de vie des bêtes. Les grandes enseignes répondent aux accusations


Décès inexpliqués, rongeurs non soignés, parasites, eau croupie, box non désinfectés… Les accusations contre des animaleries des Bouches-du-Rhône sont nombreuses. Une preuve du “retard de la France en la matière”, pour 30 Millions d’amis.

Alors qu’elle se promenait dans les allées d’une animalerie marseillaise, Kathleen s’est dirigée vers les boxes des chiots. “Je ne voulais pas acheter d’animaux puisque j’avais déjà un chien chez moi. Mais j’ai vu ce teckel très mal en point,” raconte-t-elle. La chienne avait déjà sept mois, un âge très avancé pour un canin en animalerie. Elle faisait sa taille d’adulte et vivait dans cette cage parmi des chiots de 2 mois. Son prix était “bradé” à 350€.

“Elle était là, avec 4 chihuahuas, se souvient la jeune femme qui n’a pas supporté de la voir ainsi et qui a décidé de l’adopter. Elle était très affaiblie et très maigre. Je pouvais compter ses côtes. Sa cage thoracique était en forme de V au lieu d’être arrondie.” Dans le box, les chiots ne pouvaient s’hydrater que par le biais d’une gamelle recouverte d’un tissu. “C’était probablement pour qu’ils n’urinent pas trop, mais ils devaient lécher le tissu pour boire.”

Kathleen a amené le teckel, nommé Shanel, chez le vétérinaire : “Il m’a dit qu’elle était déshydratée et avait des problèmes intestinaux. Si on ne la soignait pas tout de suite, elle n’avait plus beaucoup de temps à vivre.C’était il y a huit ans. Aujourd’hui, Shanel va beaucoup mieux et Kathleen se félicite de la promener partout sans aucune crainte.

30 Millions d’Amis regrette le retard de la France

Ces déclarations ne surprennent pas Arnaud Lhomme, représentant de la fondation 30 Millions d’Amis. “Cela fait partie d’une normalité, soupire-t-il. C’est un marché important qui génère beaucoup de chiffre d’affaires, et les pertes en font partie. Ils ne se rendent pas compte qu’il s’agit d’êtres vivants. En début d’année, 30 Millions d’Amis a diffusé des vidéos chez un éleveur de lapins et de cochons d’Inde destinés aux animaleries. Les rongeurs vivaient par centaines dans des boxes à peine plus grands qu’eux, parfois avec le cadavre d’un congénère. À la suite de cette publication, l’éleveur de Haute-Loire a cessé son activité.

Si les conditions des animaux dans certaines boutiques sont loin d’être aussi choquantes, elles peuvent être regrettables. C’est, selon Arnaud Lhomme, parce que leur direction veut maximiser leurs ventes avant de se pencher sur le bien-être de ses bêtes. “Ils ne vont pas payer une consultation d’un vétérinaire à 30€ pour une souris qui leur a coûté 2,50€,” ironise-t-il. Il soulève notamment le retard de la France sur le Royaume-Uni ou la Californie, qui interdisent la vente d’animaux de compagnie en magasin. “De nos jours, les Français se rendent compte de ce qui se passe grâce à Internet et aux médias. Ils sont sensibles à la cause animale“, mais il regrette l’inactivité du gouvernement, qui “ne les écoute pas. On néglige la détresse animale, et rien ne change.” Pour lutter contre ces maltraitances, il compte sur l’avancée de la France en matière de bien-être animal : “Il faudrait que l’on bouge sans attendre que l’Europe nous impose d’agir.”

D’anciens employés dénoncent

Photo : D’anciens employés dénoncent notamment des cas de gale chez des lapins ou de parasites sur les reptiles.

En magasin, d’anciens employés, lassés de leurs conditions de travail, ont voulu dénoncer ce qu’ils appellent les “abus de la direction”. Antoine* a travaillé dans plusieurs animaleries. Passionné par les bêtes, il pensait que bosser avec eux lui permettrait de s’épanouir. Loin s’en faut. Il a quitté son poste il y a peu. Il affirme que de nombreuses animaleries des Bouches-du-Rhône négligent les animaux destinés à la vente. “Je ne supportais plus de voir cela, j’ai préféré partir dans une boutique d’accessoires, qui ne vend aucun animal“, raconte-il.

“On voit de nombreuses personnes s’indigner des conditions de vie des animaux dans les zoos, mais on oublie bien vite les animaleries,” souffle-t-il. “Je ne suis pas contre la vente d’animaux mais contre le fait que ce soit fait dans ces conditions.”

Les animaux négligés par la direction ?

Selon l’ancien employé, les directions mettent la pression aux salariés pour maximiser leurs recettes. “Je voyais des bêtes malades, mais mes chefs ne voulaient pas faire venir le vétérinaire. Un jour, on a dû nous-mêmes amener un chat pour le faire euthanasier,” signale Antoine.

Il raconte un événement qui l’a particulièrement marqué : “Nous avions reçu des poussins pour les vendre à Pâques. Mais beaucoup sont morts. Le directeur m’a rétorqué que, pour être rentable, je n’avais qu’à les donner à manger aux serpents ! On ne savait pas de quoi ils étaient morts. Et s’ils étaient malades ? Les serpents sont généralement nourris avec des souris tuées et congelées selon un certain protocole.”

Justine*, qui a également travaillé dans ces boutiques, continue : “En sept ans, je n’ai quasiment jamais vu un véto au rayon rongeur. Une année, un lot de lapins a attrapé la gale. Il était important de les soigner avant que des enfants ne la contractent. Mais les conditions de quarantaine étaient exécrables. Les cages étaient l’une sur l’autre, les maladies pouvaient se transmettre sans problème.”

Tous parlent d’une tendance à mettre la pression sur les employés.On avait pour consigne de ne pas rester trop longtemps avec les clients, de ne pas passer trop de temps en quarantaine à soigner les animaux ou à nettoyer leurs cages, soupirent-ils. Il fallait vendre beaucoup d’articles le plus vite possible.”

Les grandes enseignes répondent aux accusations

Photo : Du côté des animaleries, on s’insurge contre ces accusations : “Nous n’avons rien à nous reprocher”, lance MaxiZoo.

Du côté des animaleries, on s’insurge contre ces accusations :

La gestion des chiens, chats, oiseaux, rongeurs et reptiles en animaleries est surveillée par le gouvernement et soumise à de nombreux protocoles. La loi leur impose d’employer au moins une personne titulaire d’un certificat de capacité, spécialisé dans l’animal vendu. Les boutiques doivent recevoir au moins deux visites de vétérinaires par an, et sont contrôlées de manière aléatoire par la direction départementale de la protection des populations (DDPP). Cette dernière est la seule habilitée à prendre des sanctions en cas de non-respect des règles d’hygiène de vie des animaux.

Mais pour Justine, les animaleries servent de la poudre aux yeux des contrôleurs :Les boxes sont nettoyés, mais pas désinfectés. La DDPP ne sait que la moitié des choses. Ils n’ont pas le temps de tout analyser en détails.”

Contactées par La Provence, les directions de MaxiZoo* et Animalis affirment “aller bien plus loin que ce que la législation impose pour le respect des animaux, notamment en termes de visites de vétérinaires et de taille des boxes.”

Steven, directeur de MaxiZoo Plan-de-Campagne, affirme n’avoir “rien à se reprocher” et ne comprend pas les accusations contre les boutiques du département. “Les protocoles sont scrupuleusement suivis. Nous avons même des contrôles de la Fressnapf, notre maison mère en Allemagne, qui ne nous laisse pas le droit à l’erreur”, expose-t-il.

“Il faut rester raisonnable”

Concernant le temps passé avec les clients, le directeur temporise : “On ne délaisse pas les animaux pour d’autres secteurs, mais il faut rester raisonnable. On peut passer du temps avec les clients ou les animaux sans pour autant en abuser.” De son côté, le service communication d’Animalis met en avant “la passion de équipes, qui tournent toutes les heures pour s’assurer que nos chiots ne manquent de rien.” Le magasin d’Aubagne a fait l’objet de “contrôles qui n’ont pas dévoilé de problèmes de grande urgence. Les soucis dits “mineurs” ont été solutionnés en février dernier.”

La direction a d’ailleurs souligné l’existence de la structure “Animalis selection”, “qui s’assure du respect des procédures et de nos chartes par nos éleveurs européens. Nous surveillons notamment les équipements et modes de transport des animaux.”

Pour Animalis, “les premières victimes” de ces accusations de négligence “sont les équipes elles-mêmes, qui sont attachées à leur travail. L’erreur est humaine, mais en l’occurence, nous mettons en place un certain nombre d’actions pour nous assurer que tout se passe bien.”

Les animaleries, des commerces comme les autres ?

Photo : “Tant qu’il y aura de la demande, on vendra des animaux,” regrette Gaëtan, ancien directeur d’animalerie.

Gaëtan* a été le directeur de nombreuses animaleries, dans toute la France, dont plusieurs accusées par Antoine et Justine. S’il concède qu’il y a du travail à faire pour améliorer les conditions de vie des animaux dans leur box, il note que la rentabilité reste le maître-mot de tout commerce. “Ce sont deux mondes qui se rencontrent : les investisseurs et les animaliers, souligne-t-il. Les dirigeants veulent gagner de l’argent, les capacitaires veulent prendre soin des animaux.”

Si certaines expériences lui ont laissé un goût amer (“Il y a des boutiques où nous avons eu des morts de chiots totalement inexpliquées”), il prend la défense de boutiques dirigées par des grandes enseignes, qui, affirme-t-il, “essaient de faire l’équilibre entre chiffre d’affaires et bien-être animal.”

Il donne comme exemple les cas où il a refusé des ventes : “Si l’on estime qu’un client demande un chien qui ne lui correspond pas, et que l’animal peut en souffrir, on a le droit de refuser de leur vendre. Dans quelques animaleries, on m’a toujours laissé le choix. Dans d’autres endroits, ce n’était pas vraiment le cas…”

Le chiffre reste le maître-mot

Il l’avoue, le chiffre reste en ligne de mire : “Les animaleries ont des objectifs comme n’importe quel commerce.” Les vétérinaires coûtent cher, il n’est pas intéressant pour les dirigeants de les appeler à la moindre maladie : “Un lapin ne rapporte presque rien, lance Gaëtan. On ne va pas appeler des vétos toutes les semaines…”

Toutefois, l’ancien directeur insiste, il ne faut pas seulement se méfier des grandes chaînes. “Il y a beaucoup d’animaleries dans la région qui gardent leurs bêtes dans des conditions déplorables. On vise souvent des grandes marques mais elles sont surveillées par leur hiérarchie,” alerte Gaëtan.

“Achetez plutôt chez des éleveurs”

Le problème principal pour le dirigeant, qui détient aussi un diplôme de capacitaire en animaux domestiques, c’est avant tout la demande des clients. “Arrêtez d’acheter des animaux en boutique !” fustige-t-il.

Il conseille avant tout de s’en remettre aux éleveurs : “Si vous voulez un chien, par exemple, posez-vous les bonnes questions : que vais-je lui apporter ? Est-ce adapté à mon mode de vie ?” Des passionnés référencent les adresses d’éleveurs reconnus dans toute la France.Allez voir l’éleveur spécialisé dans la race que vous voulez, demandez à voir les chiots et leur mère, précise-t-il. Il est important de voir les papiers du chien, son dossier de santé.”

Le principal, selon le spécialiste, est de ne pas céder à la précipitation et d’accepter de payer plus cher un animal d’origine française.

 

* Le prénom a été modifié. MaxiZoo ne vend plus de chiots ni de chatons depuis 2014.

La rédaction de JAF-info

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Sources :

https://www.laprovence.com/article/societe/5591093/des-animaleries-accusees-de-negligence-envers-les-animaux.html

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