Entre le 10 et le 12 mai, le Sénat statue sur l’avenir des produits phytosanitaires : inquiétude des professionnels

Paris, le 11 mai 2016 – À la lecture du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages proposé ce mardi 10 mai pour l’examen en seconde lecture par le Sénat, l’UPJ a pu constater que l’article 51 avait été modifié pour permettre aux produits phytosanitaires UAB (Utilisables en Agriculture Biologique) de rester en libre service après 2017.

L’UPJ tient à saluer la décision du Sénat de remettre les produits UAB en libre service, ce qui représente une grande avancée du projet de loi envers le secteur jardin. Cependant, elle regrette de n’avoir été que partiellement entendue puisque les produits à faibles risques n’ont pas été englobés dans cette décision. En effet, ces derniers resteront, eux, sous clef, alors que la cohérence voudrait que ces deux types de produits bénéficient du même traitement, dans la mesure où les seconds n’ont pas plus d’impact écologique que les premiers.

Depuis bientôt 2 ans, l’UPJ demande à rencontrer la Ministre de l’Environnement, Madame Ségolène Royal, rendez-vous que l’association a récemment obtenu et dont elle espère qu’il sera porteur et favorable aux jardins et espaces publics bien qu’il n’aura lieu qu’après la clôture des débats parlementaires : l’UPJ croit aux bénéfices de la discussion, à la dépassion des discours et au temps de la reconversion. Sans remettre en cause la volonté d’abandonner les phytosanitaires dans les parcs et les jardins, l’UPJ tient à rappeler que les produits de synthèse ne sont pas les ennemis des produits naturels. Le maître mot de la protection de l’environnement sera la complémentarité : dans un contexte d’émergence des maladies*, il est important de savoir qu’il faut en moyenne 10 ans pour développer un nouveau produit. A l’heure actuelle, il est donc inenvisageable que la protection de l’environnement se fasse uniquement par le naturel, oubliant les produits qui en pallient les limites.

À deux jours du vote, l’UPJ souhaite interpeller de nouveau afin que soit pris en compte la demande de réintroduction en libre service de la vente des produits à faibles risques, au même titre que celle des produits UAB. L’UPJ ayant toujours à cœur de dépassionner le débat, refuse l’opposition « naturel » versus « synthèse ».

* Depuis 2000, sur les 18 nouveaux ravageurs (bactérie, insecte, champignon, etc.) recensés dans les zones non agricoles, 10 n’ont aucune meure de gestion réglementaire et 4 nécessitent une lutte obligatoire. Chiffres issues du Rapport Avenir jardin, tableau « Liste non-exhaustive des ravageurs et émergents depuis 2000 », page 20

A propos de l’UPJ :

L’UPJ, Union des entreprises pour la Protection des Jardins et des espaces publics, est l’organisation professionnelle de référence en matière de jardins et d’espaces publics. Créée en 1994, l’UPJ regroupe aujourd’hui 31 sociétés couvrant les domaines des produits de protection des plantes, des amendements organiques, des supports de culture (terreaux), des engrais, et des biocides.

La mission première de l’UPJ est de sensibiliser les jardiniers professionnels et amateurs à un jardin responsable. Un jardinage responsable passe par l’utilisation de produits d’entretien et de soins de jardin adaptés, à la bonne dose, au bon moment, et dans le respect de la santé des jardiniers et de l’environnement. L’UPJ prône la coexistence intelligente entre les produits de synthèse, les produits naturels et les techniques complémentaires dans la gestion des espaces verts ou dans les pratiques de jardinage.

Cette fédération professionnelle est, de longue date, un partenaire engagé auprès des pouvoirs publics et de l’ensemble des parties prenantes.