Cette année, les deux fleuristes halluinois de la rue de Lille ont dû payer une redevance à la ville pour vendre leurs fleurs au cimetière à l’occasion de la Toussaint. L’opposition s’en offusque et dénonce le manque de soutien aux commerçants.

Grand soleil sur Halluin, ce mercredi. Un jour de Toussaint presque aux airs d’été indien. Aux entrées du cimetière, route de Neuville et rue des Frères-Martel, les deux fleuristes de la commune écoulent pomponettes et chrysanthèmes. À leurs côtés, un arrêté municipal d’autorisation d’occupation temporaire du domaine public a été affiché. Il leur donne le feu vert pour vendre leurs fleurs, de 8 h à 18 h, du 28 octobre au 1er novembre pour l’un, du 25 octobre au 1er novembre pour l’autre.

87 € et 234 € de redevance

En bas de l’arrêté, il est toutefois précisé que l’autorisation est assortie d’une redevance de 87 € pour la première et de 234,90 € pour le second. Il est ainsi facturé au commerçant la délivrance d’autorisation à hauteur de 10,50 € et 0,85 € / m² et par jour d’occupation de la voirie. Sachant que 18 m² et 33 m² sont occupés par les deux fleuristes, le calcul est vite fait.

« Dans le contexte actuel de crise du commerce, auquel s’ajoute la concurrence des jardineries belges, on imagine que la pilule a eu du mal à passer. »

Dans le contexte actuel de crise du commerce, auquel s’ajoute la concurrence des jardineries belges, on imagine que la pilule a eu du mal à passer. D’autant que jusqu’à présent, à cette période de l’année, les fleuristes de la commune avaient la possibilité de s’installer gratuitement au cimetière. S’ils n’ont pas souhaité polémiquer et répondre à nos questions, l’opposition est, elle, montée au front.

Une première en 30 ans

Sylvie Gilmé, élue du groupe En avant Halluin, dénonce le manque de soutien aux commerçants. « Ils sont toujours mis devant le fait accompli, ils ne sont jamais consultés. C’est encore le cas cette année avec nos commerçants fleuristes qui, pour la première fois depuis 30 ans, doivent payer cette redevance. » Pour Laurent Caure, chef de file de l’opposition PS, « ce n’est pas une question d’argent mais de principe. »

Sa colistière enfonce le clou. « Les commerçants de la rue de Lille ont également subi un manque à gagner lors des foulées halluinoises et des allumoirs, la rue étant complètement fermée à la circulation. Alors, quand on parle de dynamisation et de développement du commerce de proximité, on en fait une priorité, on soutient les commerçants et on n’aggrave pas leur situation en leur faisant payer des taxes supplémentaires. »

Contacté, Gustave Dassonville, le maire LR d’Halluin, n’a pas répondu à nos sollicitations.