Le développement de l’activité commerciale à l’Est de Nevers resurgit avec le projet de construction d’une jardinerie animalerie E. Leclerc à Saint-Éloi. Projet qui ne fait pas l’unanimité.

Après plusieurs échecs à l’Est de Nevers, un nouveau projet se dessine à Saint-Éloi avec l’implantation d’une jardinerie-animalerie E. Leclerc à Saint-Éloi.

Le projet prévoit la création d’un ensemble commercial de 3.458 m² de surface de vente accolé à la grande surface Leclerc Drive et Leclerc Express présente sur la commune de Saint-Éloi ainsi que le recrutement de quinze emplois équivalent temps plein.

« Nous ne voulons plus de grande surface en périphérie »

Gérard Brunet, directeur de Leclerc à Coulanges et Saint-Éloi a présenté sa demande d’exploitation commerciale en commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) début novembre et a reçu un avis favorable de la part de six des neuf membres présents. « C’est une première étape. La CDAC est une pièce nécessaire à l’obtention du permis de construire. J’en ai fait la demande, j’attends le résultat. C’est un projet que je porte depuis un an », indique Gérard Brunet, sans en dévoiler plus pour l’instant.

Dans l’avis publié par le secrétaire général de la Préfecture de la Nièvre dans les annonces légales du Journal du Centre de la semaine dernière, il était précisé l’identité des votants à la CDAC. Ainsi, le maire de Saint-Éloi, Jérôme Mallus, André Garcia, président de la Communauté de communes Loire et Allier, Sylvain Mathieu, vice-président du conseil régional, Alain Lecour, maire de Sauvigny-les-Bois, Alain Dherbier, vice-président de la Communauté de commune Loire vignobles et Nohain et Denis Thuriot, président du syndicat mixte du Scot (*) du Grand Nevers ont émis un avis favorable.

« Pas d’extension alimentaire »

Le vote favorable de Denis Thuriot interpelle Jean-Luc Déchauffour, président de l’association de commerçants Les Vitrines de Nevers. « Je ne comprends pas ce vote contradictoire, ça me déçoit. Le maire dit vouloir dynamiser le centre-ville. Il annonce en mai être favorable à un moratoire sur l’extension des zones commerciales périphériques, alors pourquoi donner son accord ? », s’interroge-t-il.

« La position des Vitrines de Nevers est que nous ne voulons plus de grande surface en périphérie. Le centre-ville accumule les locaux vides. Les clients le voient. Pour moi, une jardinerie en centre-ville aurait sa place. Si ce projet voit le jour, nous demandons qu’à chaque installation en zone périphérique, il y ait une contre-partie : que le porteur de projet investisse également en centre-ville », argumente-t-il.

« Il faut tenir compte du deséquilibre entre l’Ouest et l’Est »

Denis Thuriot, se défend d’avoir un discours contradictoire. « Ce projet ne met pas en péril une activité en coeur de ville. On ne peut pas dire que je ne soutiens pas les commerçants du centre-ville. S’il y avait eu une animalerie en centre-ville, mon vote aurait été négatif. Je maintiens que, sans reprise démographique, je ne voterai pas pour une extension, notamment alimentaire. Mais il faut tenir compte du deséquilibre entre l’Ouest et l’Est du territoire », justifie-t-il.

Denis Thuriot est favorable à un moratoire national « imposé par l’État, pour qu’on ne soit pas pris en porte à faux. Saint-Éloi gagne des habitants et a l’autoroute. Si on peut attirer ne serait-ce que 10 % des usagers qui passent tout droit, ils pourront peut-être aller en centre-ville. S’ils ne s’arrêtent pas du tout parce qu’il n’y a rien, c’est pire. La CDAC ne donne qu’un avis. C’est le maire qui décide pour la délivrance du permis de construire. Si on dit qu’il n’y a rien qui se passe, c’est une catastrophe pour notre territoire ».

(*) Schéma de cohérence territoriale.