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CoronaVirus – Luc Flick, horticulteur : Maintenant, certains fleuristes sont en colère car j’ai trouvé d’autres vendeurs, et je les comprends, mais je n’avais pas le choix !
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CoronaVirus – Luc Flick, horticulteur : Maintenant, certains fleuristes sont en colère car j’ai trouvé d’autres vendeurs, et je les comprends, mais je n’avais pas le choix !

muguet-JAF-fleuriste

Luc Flick, horticulteur de Soignolles-en-Brie, a déjà jeté 35 000 tulipes en avril. Avant le 1er mai, il devait trouver des solutions pour écouler 37000 pots de muguet. Pari gagné.

Luc Flick est horticulteur à Soignolles-en-Brie depuis 24 ans. Il vend habituellement sa production de fleurs coupées du matin à Rungis pour les fleuristes dans un rayon de 200 kilomètres autour de Paris. Mais, à cause du confinement général, les fleuristes restent fermés car les fleurs ne sont pas considérées comme une denrée essentielle.

Fin avril, Luc Flick a déjà jeté quasiment toute sa production de 35 000 tulipes. Pour sauver sa production de muguet, il a heureusement pu compter sur la générosité des gens.

« Une semaine avant le 1 er mai, j’ai officiellement fini le muguet. Il n’y a plus qu’à emballer et livrer. J’étais en plein désespoir mais les gens sont humains. J’ai sauvé ma mise de départ. Ce n’est pas la Bérézina, c’est une année blanche : on n’aura pas gagné d’argent mais on n’en aura pas perdu, excepté la main-d’œuvre », lance-t-il, soulagé.

« Sans le muguet, on ne pouvait plus continuer »

Dans son exploitation de quatre hectares dont un hectare de tunnel, avant la crise du Covid-19, il avait acheté de quoi faire 37 000 pots de muguet, en fonction de la demande de ses clients habituels. Le muguet lui rapporte en moyenne 120 000 € de chiffre d’affaires par an.

« Vu les conditions actuelles, c’est un bon muguet cette année. Je suis rentré dans mes frais, entre 65 000 et 80 000 euros, ce qui me permettra de payer les factures. Si on ne payait pas nos fournisseurs, on aurait été mal servis l’an prochain. Sans le muguet, on ne pouvait plus continuer… », poursuit-il.

Son coup de gueule? L’interdiction pour les fleuristes d’ouvrir leurs boutiques alors que, depuis samedi 18 avril, les jardineries y sont autorisées et que depuis la mi-mars es grandes surfaces peuvent vendre plantes et produits de jardinage. « Il y a rarement 25 personnes dans une boutique », ironise-t-il.

« Les fleuristes ne voulaient pas passer leurs commandes trop tôt ou alors en quantité moindre et tout allait se décider dans les derniers jours. Nous étions dans l’incertitude, du coup j’ai dû réfléchir à d’autres solutions pour écouler mon muguet. Maintenant, certains fleuristes sont en colère car j’ai trouvé d’autres vendeurs, et je les comprends, mais je n’avais pas le choix… ».

Offrez du muguet aux soignants via une cagnotte

Pour sauver son muguet « de qualité fleuriste », Luc Flick a fait usage du système D. En partenariat avec la boutique parisienne Désirée, une cagnotte « Les fleurs du bien – du muguet pour nos aînés » a été mise en place. Le client offre à un soignant et une personne âgée du muguet à partir de 10 euros. Ce vendredi, il y avait 8 500 préventes.

En tant que producteur, Luc Flick a distribué au compte goutte son muguet chez des petits commerçants ouverts comme la poissonnerie de Brie-Comte-Robert ou un épicier parisien. Il a aussi reçu une commande du Leclerc de Montereau-Fault-Yonne et a participé au bouquet du producteur de la semaine d’Interflora avec son lilas.

« Je n’ai eu que ce genre de touches. J’ai dû passer le pot de 3,50 euros à 3 euros, à prix coûtant. J’y vois de potentiels débouchés pour la suite car les fleuristes achètent beaucoup leur muguet à Nantes et aux Pays-Bas », observe-t-il. Il s’est toutefois refusé à faire du drive directement pour les consommateurs car « cela aurait tué les fleuristes ».

Des municipalités lui ont passé commande

Plusieurs municipalités de Seine-et-Marne – dont Mauperthuis, Mormant, Soignolles-en-Brie – lui ont acheté du muguet pour le distribuer à leurs aînés. Et toutes les demandes n’ont pas pu être satisfaites. « Lundi, je vais offrir 200 bouquets de muguets achetés chez Luc Flick à destination des Ehpad et foyer pour personnes âgées de Mormant ainsi qu’au personnel soignant », confirme Sylvain Clerin, le maire de Mormant.

L’inquiétude se porte désormais sur les roses de la fête des mères, le 7 juin. « La fête des mères est le meilleur moment pour les fleuristes et on ne sait pas comment cela va se passer. En août, il faudra aussi passer les commandes pour les sapins de Noël et là c’est le flou total », explique-t-il.


Le « jardin fleuri de Paris » n’est plus qu’un souvenir

Le centre-est de la Seine-et-Marne était historiquement le « jardin fleuri de Paris ». La tradition remonte à la fin du XVIIIe siècle. L’amiral de Bougainville et son jardinier Cochet importent alors dans le canton de Brie, à Grisy-Suisnes, son fameux bougainvillier et… la rose ! Les habitants se spécialisent dans sa culture. Des centaines de serres chauffées fleurissent. Dès 1860, leurs roses sont vendues aux Halles de Paris. Elles sont acheminées jusqu’à la gare de Bastille, près de l’actuel Opéra, grâce à une ligne de chemin de fer spéciale, le Train des roses, qui a fermé en 1963.

M.L.


 

Luc Flick rappelle que le nombre d’horticulteurs dans le secteur où il exerce (lire l’encadré) est passé de 105 producteurs il y a quelques décennies à deux aujourd’hui. A l’échelle de l’Ile-de-France, on compte environ 120 horticulteurs, dont dix seulement produisent du muguet en gros.

« Les petits producteurs sont asphyxiés. L’Etat doit nous aider, il faudrait au moins une suppression de charges de six mois. Les banquiers doivent lâcher du lest. Quant aux assureurs, c’est comme si la pandémie n’existait pas : on n’a rien eu pour les tulipes », grogne-t-il.

« Je m’exprime au nom de tous les producteurs d’Île-de-France. Nous rencontrons de grandes difficultés en raison du confinement. Je veux sauver ma filière », insiste le petit producteur. Pour lui, une amorce de solution à la crise économique serait « d’obliger la clientèle à acheter du local. Si on baissait nos charges, les Français pourraient à nouveau acheter français! », estime-t-il.

La vente du muguet dans la rue le 1er mai est strictement interdite

La vente du muguet sur la voie publique, traditionnellement tolérée et encadrée par des arrêtés municipaux, sera strictement interdite cette année.

Le fait de vendre ou d’exposer en vue de la vente des marchandises dans des lieux publics sans autorisation ou déclaration régulière constitue une contravention réprimée par le code pénal (amende de 300 euros voire plus et, à titre de peine complémentaire, la possibilité de confisquer la marchandise – art R 446-3).

Le contrevenant s’expose à une amende de 135 euros car cette activité n’entre pas dans le cadre des motifs de sorties autorisées par l’attestation de déplacement dérogatoire.

Les fleuristes, n’étant pas autorisés par le décret du 23 mars 2020 à accueillir du public dans leur magasin, pourront proposer du muguet à la vente uniquement dans le cadre de leur activité de livraison et de retrait de commandes et dans le respect de l’application des mesures barrière.

Enfin, la vente du muguet pourra également s’effectuer dans les commerces de produits essentiels (supermarchés, supérettes, multicommerces…), autorisés à accueillir du public par le décret du 23 mars 2020 et dont la liste est disponible sur gouvernement.fr.

La rédaction de JAF-info

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Crédit photo : Photo Générique ou logo société
Sources :
  • http://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/soignolles-en-brie-le-petit-producteur-de-muguet-sauve-par-un-elan-de-solidarite-25-04-2020-8305803.php

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