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Les producteurs de sapins de Noël ont réussi à sauver leur saison. Ce qui réjouit les pépinières Naudet
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Les producteurs de sapins de Noël ont réussi à sauver leur saison. Ce qui réjouit les pépinières Naudet

Frédéric NAUDET association francaise Sapins Noel JAF-info Jardinerie Fleuriste

Boules et guirlandes clignotantes… Les producteurs de sapins de Noël ont réussi à sauver leur saison. Ce qui réjouit le plus gros producteur de résineux naturels de l’Hexagone, les pépinières Naudet. Une activité traditionnelle mais en pleine évolution.
Le Morvan, son parc naturel, ses sites archéologiques, ses forêts et ses… sapins de Noël. Nichées au coeur de cette région boisée et vallonée, qui culmine à près de 900 mètres d’altitude, près du joli lac des Settons et du village de Planchez, les pépinières Naudet exploitent depuis plus de soixante ans des résineux destinés à embellir nos foyers à l’approche des fêtes de fin d’année.

Pendant longtemps, ce furent essentiellement des épicéas, plantés massivement après-guerre, maintenant ce sont les très résistants Nordmann, originaires du Caucase, qui forment le gros bataillon de la production, tandis que le dernier venu, le Nobilis américain aux reflets bleutés, commence à se faire une petite place sur ce marché très saisonnier.

En cette belle journée ensoleillée de la mi-novembre, le bleu profond de l’azur panaché aux couleurs mordorées des feuilles encore attachées aux ramures ou tapissant déjà les sols compose un tableau idyllique de campagne automnale. A l’abord du site, les sapins Douglas, eux, continuent de s’élancer vers le ciel en arborant leurs aiguilles vert foncé. Devant la pépinière, des camions de livraison sont alignés dans l’attente de leur cargaison, à l’intérieur les élévateurs Manitou vont et viennent sans arrêt en transportant les palettes de sapins prêtes à être chargées.

Un mois et demi

« C’est le pic de l’activité pour nous, confirme Frédéric Naudet, le patron des pépinières. A compter de début novembre, les arbres sont coupés dans nos parcelles disséminées sur les 400 hectares que nous cultivons, emballés sur place, regroupés ici pour être ensuite envoyés par camions aux quatre coins de la France ». Avec 400.000 unités vendues chaque année, l’entreprise Naudet fait figure de leader français du sapin de Noël.

L’histoire du sapin de Noël

Dans les rites paiens, un arbre symbole de vie était décoré avec des fruits, des fleurs et du blé. Mais les premiers sapins de Noël proprement dit serait apparu en Alsace en 1521. Cet usage se développa surtout chez les protestants, à l’époque de la réforme, qui refusaient de représenter la nativité comme les catholiques par une crèche. Au XVIIème et XVIIIème siècle apparaissent les premiers sapins illuminés avec des coquilles de noix remplies d’huile à la surface desquelles des mèches flottaient ou des chandelles souples nouées autour des branches. En France, le sapin de Noël fut introduit à Versailles, en 1738, par Marie Leszcynska, épouse de Louis XV. Des cours, la mode du sapin de Noël s’étendit progressivement à toute la société.

C’est elle qui fournit les chaînes de distribution Carrefour, Intermarché, Monoprix, Franprix ainsi que les jardineries Truffaut ou Jardiland… « Ici, à cette époque, on charge près de 10.000 sapins par jour, détaille Frédéric Naudet, entre deux coups de téléphone de clients impatients. Tout est fini mi-décembre. Nous réalisons notre chiffre d’affaires de l’année en un mois et demi. »

Dès lors, on comprend que l’annonce par Emmanuel Macron du second confinement le 28 octobre dernier a fait l’effet d’une bombe. « Si les jardineries, en extérieur, pouvaient encore vendre des sapins, nos clients de la grande distribution n’avaient plus le droit et nos commandes se sont retrouvées en suspens. Cela signifiait pour nous des millions d’euros perdus ».

Gros soulagement

Celui qui est aussi président de l’Association française du sapin de Noël naturel monte alors au créneau. « On a alerté tous les députés et les sénateurs des zones concernées, les médias ; on a pris contact avec les cabinets des ministères de l’Agriculture, des Finances, du Commerce… », raconte l’entrepreneur. Finalement, après une semaine d’intense lobbying, la décision tombe le 4 novembre en comité interministériel : il y aura bien des sapins à Noël…

Portrait de Frédéric Naudet.

Gros soulagement pour une filière qui emploie plus d’un millier de personnes et bien plus encore de saisonniers même si les modalités de ventes n’ont réellement été connues qu’avec la publication du décret le 20 novembre. « Je pense qu’Emmanuel Macron, qu’on a rencontré plusieurs fois lors de la remise du sapin de Noël de l’Elysée, a sans doute mis son poids dans la balance », estime le pépiniériste, également maire depuis cette année de Leuglay, en Bourgogne, siège des pépinières Naudet.

Une tradition bien ancrée

Cahin caha, la plupart des commandes de l’année seront donc honorées et le calendrier respecté. Chaque année, les Français achètent en moyenne 6 millions de sapins de Noël naturels dont 4,5 millions sont produits en France, le reste étant importé notamment de Belgique et du Danemark. Un chiffre plutôt stable depuis des années. « Nous sommes dans un secteur où les habitudes de consommation changent assez peu. Il y a bien eu une baisse liée à la recrudescence des arbres en plastique il y a quelques années, mais cela n’a pas duré, la tradition du sapin de Noël naturel est bien ancrée, se félicite Frédéric Naudet. D’autant plus que son bilan carbone est bien plus favorable ».

Chiffres clés

6,1 millions. C’est le nombre de sapins de Noël naturels vendus en France, ce qui représente environ un foyer sur cinq. Le Sapin de Nordmann est depuis plusieurs années en tête des ventes (75 %), loin devant par l’épicéa (22 %). 25,80 euros. C’est le montant dépensé par foyer pour l’achat d’un sapin en 2016, soit un total de 156,5 millions d’euros. Globalement, les sapins naturels sont en très grande majorité achetés coupés (90 % en 2010) même si la vente en pots progresse.1 million d’arbres sur 1500 hectares. C’est la production de sapins du Morvan (Bourgogne-Franche-Comté), ce qui représente le quart de la production française, ainsi qu’en Bretagne et Auvergne-Rhône Alpes. 5 à 10 ans. C’est la durée nécessaire, selon la taille désirée, pour obtenir un sapin de Noël. Source : ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation

La tradition, c’est le tronc sur lequel prospère cette vieille activité. Pourtant, les critiques des écologistes ont plu encore récemment sur la filière. On se souvient de la polémique après les déclarations de Pierre Hurmic, le nouveau maire vert de Bordeaux, en septembre dernier. « Il était mal informé, l’affaire est réglée », tranche Frédéric Naudet avant tout de même de s’emporter. « Il ne faut pas croire qu’on bousille les forêts en coupant des sapins pour Noël. C’est une culture agricole comme une autre, comme les fleurs coupés, qui emploie des gens, y compris des agriculteurs qui cherchent des revenus complémentaires à l’automne, et qui consomme peu voire pas d’eau malgré le réchauffement climatique », s’agace-t-il.

« On n’est pas des empoisonneurs ! »

Il faut dire que la filière consent des efforts en vue de développer une culture raisonnée, à travers notamment le groupe 30.000 « Vers le sapin de Noël bio » de la région. « Bien sûr on utilise encore du glyphosate mais on cherche à le remplacer. On n’est pas des empoisonneurs ! s’emporte le pépiniériste, échaudé par « tous ces donneurs de leçons qui n’y connaissent rien ».

Maintenant, il n’utilise cet herbicide décrié qu’une fois par an et seulement les deux premières années de pousse pour que la ramification se développe correctement alors qu’un sapin met en moyenne dix ans pour atteindre les 2 mètres. Les producteurs du Morvan sont aussi engagés dans une démarche qualité pour obtenir le label européen d’Indication géographique protégée (IGP). « J’espère qu’on pourra le lancer l’an prochain, au plus tard en 2022 », annonce le président de l’association.

La tradition, c’est aussi le tronc sur lequel s’est adossée l’entreprise Naudet pour durer. Créées en 1876, ces pépinières spécialisées dans les plants forestiers, et depuis quelques années dans le reboisement, se transmettent de père en fils sur six générations. Les frères Vincent et Frédéric, qui se partagent les responsabilités depuis plus de trois décennies, ont vu leur métier bien évoluer : la consolidation de la distribution qui a réduit le nombre de leurs clients et pesé sur leurs marges, mais aussi les nouvelles techniques de production et de conditionnement, l’informatisation, la digitalisation et le développement du marketing.

Prévoyants, ils ont préparé la relève… Vincent Naudet, désormais en retrait, a été rejoint par son fils Pierre il y a dix ans, passionné de développement durable, tandis que Frédéric a proposé l’an dernier à son fils Martin de venir travailler à ses côtés. A 33 ans, ce dernier était contrôleur de gestion depuis sept ans chez Vinci Construction du côté de Villeurbanne. L’appel de la forêt a été plus fort… « Moi aussi, après mon école de commerce, j’avais voulu faire autre chose : je vendais des autoradios et des chaînes hi-fi chez Philips à Nancy. Mais quand mon père m’a demandé de le rejoindre en 1985, je n’ai pas hésité très longtemps », raconte sans regret Frédéric Naudet, qui a désormais 63 ans.

Bientôt, il pourra donc lever le pied, pour se consacrer à ses administrés de Leuglay et s’adonner, aussi, à son passe-temps préféré : la chasse aux sangliers et autres gros gibiers… « Mais chut, il ne faut pas le dire », souffle-t-il en souriant.

PEPINIERE NAUDET EN BREF

Date de création : 1876
Chiffre d’affaires : 8.1 millions d’euros (xercice clos le 30 juin 2018)
Secteur d’activite : agroforesterie
Dirigeant : Frédéric Naudet
Effectif : 100 CDI et une centaine de saisonniers

La rédaction de JAF-info

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Crédit photo : Photo Générique ou logo société
Sources :
  • https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/marketing-vente/0610009800515-sapins-de-noel-dans-les-forets-du-morvan-de-frederic-naudet-341041.php

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